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 Pluvieuse Errance (Pv Yoshino)

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MessageSujet: Pluvieuse Errance (Pv Yoshino) Sam 12 Oct - 20:30


Pluvieuse Errance



Il faisait froid. Le ciel avait pris une teinte d’un gris sombre inquiétant, signe que l’orage était proche. Un coup de vent balaya la rue et, Kumi, plaqua une main maladroite sur le derrière de sa jupe d’uniforme noire, qui ne demandait qu’à s’envoler. Elle sentait le tissu coller et claquer contre ses cuisses par à-coups, au rythme des bourrasques.
-Mouki ! Mouki, tu es là ?! –appela-t-elle d’une voix pressante.-

Mais, seul le silence lui répondit. La jeune étudiante s’enfonça alors davantage dans les détroits de la ruelle.  Elle n’était même pas sur de l’heure et,  commençait sérieusement à s’inquiéter à la fois pour son familier et pour elle-même.  Kumi se mordit la lèvre inférieure et se força à réprimer l’appréhension qui grignotait son ventre, ses pensées et serrer sa gorge jusqu’à lui donner l’envie de pleurer. Pourtant, cette année, la rentrée ne s’était pas trop mal passée. Elle avait retrouvé des camarades correctes et polis, une classe sérieuse, comme elle l’aimait depuis son entrée à l’académie. Elle ne s’y était pas fait d’amis proches, mais aucunes connaissances hostiles. Elle n’en demandait pas plus. Pour Kumi, il y avait Mouki et c’était plutôt suffisant, le familier lui avait toujours dévoué une affection sans borne. « Mouki, mais où es-tu passé ? » Elle doutait que Mouki ne risque quoi que ce soit, mais elle ne pouvait s’empêcher d’être terriblement inquiète : Bien que son adorable chat restait imperceptible aux yeux des humains, il n’en était pas moins anormal pour lui de quitter son côté aussi longtemps et sans retour. Il ronronnait chaque soir sur ses genoux et écoutait, tous ses soucis, tels le plus fidèle des confidents.  
Kumi s’en voulu soudainement de l’avoir emmené avec elle pour faire les boutiques, aujourd’hui. On était samedi après-midi et, elle avait voulu profiter de la demi-journée pour acheter quelques affaires et se concentrer sur de nouvelles créations. En ce moment, l’académicienne s’adonnait beaucoup à inventer des bijoux, comme la barrette en forme de papillon qu’elle portait pour retenir une partie de ses cheveux bouclés vers l’arrière. Les ailes en perles de cristaux changeaient de couleur au rythme des saisons. Kumi avait pris du temps à se coiffer, pris plaisir à se faire jolie, mais maintenant avec ses cheveux emmêlés par le vent cinglant et ses joues rouges de froid, elle devait faire peine à voir tremblante dans son sailor* froissé. Kumi jeta un coup d’œil sombre à son petit sachet de courses, grinçant des dents en songeant que ce petit plaisir égoïste avait conduit à la perte de son familier. Mouki avait tenu à passer un moment dehors et elle avait cédé trop pressé de sortir malgré la connaissance du caractère coquin du gros chat violet. Mouki s’était éclipsé sans prévenir au détour d’une venelle étroite, à la poursuite de dieu seul savait quoi et elle s’était retrouvé à lui courir après, pour mieux se perdre.

-C’est pas vrai ! Mouki !!! –cria-t-elle un peu plus fort avant de souffler  sur ses doigts glacés par la température ambiante.-

En haut, elle entendit le ciel grondait en réponse, mais pas la moindre trace de Mouki dans les parages. Kumi accéléra le pas, apeurée à l’idée que la nuit tombe. Elle pourrait toujours « créer » en dernier recours, cependant utiliser la magie la viderait cruellement d’une énergie dont elle manquait. Ses mèches de cheveux roses fouettaient sur ses tempes et contre son visage. Elle n’entendait même plus le bruit des magasins de la grande place. En fait, il n’y avait que le silence autour d’elle épais comme une purée de pois. Elle avait l’impression que chacun de ses pas résonnaient en échos et même d’être capable d’entendre ses dents claquer.
Frrr…

-Mouki ? –réitéra-t-elle avec espoir.-

Sa voix résonna et vint le silence, toujours le silence. Kumi fronça le nez et se mit à accélérer le pas. Son ventre gargouillait violemment d’un stresse montant. Elle avait l’horrible sensation de se sentir étouffer par les murs serrées pleins de fissures. Le poing crispé à s’en rentrer les ongles dans la peau, elle se mit à courir. Les yeux lui brulaient et sa poitrine saignait d’angoisse, le cœur battant comme un tambour entre ses côtes tandis que ses chaussures claquaient sur le macadam, glissantes sur les pavés inconfortables et mal ciselés. Emportée par son élan, Kumi se prit le pied dans une crevasse et se tordit la cheville, s’écrasant de tout son poids sur le sol dans un geignement de douleur. Une larme coula sur une de ses pommettes et en réponse une goutte de pluie s’écrasa au coin de son nez. Il commençait à pleuvoir, Mouki avait disparu, elle était seule et sans parapluie.

*sailor = uniforme (bon normalement marin, mais je tenais à éviter la répétition ? ^^)
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MessageSujet: Re: Pluvieuse Errance (Pv Yoshino) Dim 13 Oct - 19:45

Les cieux avaient emprunté les habits du tragique, le vent criard gêna de sa présence les citadins. La pluie allait tomber, ceci était convenu et Yoshino portait un imperméable d'un jaune ridicule. D'habitude, il ne sortait pas quand un tel temps menaçait les hommes, généralement il se contentait de lire un livre et d'écouter le vent s'acharnait vainement sur le bâtiment annexe de Tadakai. Sur le visage du jeune mage, on pouvait apercevoir tout le sérieux de sa quête.

Une chose l'a poussé à défier le ciel, un fait incongrue a interrompu sa routine. Un mystère qu'il n'aurait pas cru possible ! C'était il y a quelques heures de là, il se trouvait encore dans le lycée féerique et sa vue voyageait au-dessus de la ville. Elle naviguait au-dessus de la cité, dans les airs, lorsque tout à coup un mur invisible lui bloqua le chemin. Il tenta de contourner cette gêne transparent, mais impossible. Elle se trouvait en plein milieux de la ville ce qui amplifia l'étrangeté de l'énigme.

Il essaya par le haut, par le bas et par les côtés, mais c'était définitivement impossible. Il se demande ce qui aurait pus bloquer ainsi son sens, rien d'imaginable, puis ce qu'il voyait normalement les rues, les tours et les citadins à travers ce mur. Il se dit alors que c'était une zone d'anti-magie. Un frisson parcouru sa chaire, était-ce un artefact qui était à l'oeuvre, un monstre ou un homme ? Comment un monstre pouvait se trouver dans une telle ville ? C'était peu probable et il remarqua que la zone d'anti-magie bougeait. Un homme donc, ou un artefact dans les mains d'un homme.

Quelle affaire était en cours à ce moment ? Qui utilisait un pouvoir si grandiose ? Il pensait qu'il aurait eu la solution à sa question en se plongeant dans les rues labyrinthiques de Nara. Il s'exécuta, et ne trouva aucune réponse. Il comprit à quel point il avait agi avec stupidité, de tout le lycée il ne connaissait personne avec un tel pouvoir. Une personne extérieur au lycée était en cause, aux yeux du lycéen, cela était synonyme de danger.

Il s'était jeté dans la gueule du loup, guidé et armé par sa seule curiosité. À la recherche d'une menace, il comprenait qu'il ressemblait plus à une proie à l'heure actuelle. Grâce à dieu, la zone d'anti-magie avait disparu avant d'arriver sur les lieux. D'un mouvement il caressa son visage en fermant les yeux, je suis juste paranoïaque, il n'y a rien d'étrange ici. La zone d'anti-magie avait bien existé cependant. Face à un pouvoir supérieur, il est normal de craindre une quelconque menace.

Ses craintes étaient avérées, sa certitude, sans être vraiment justifié, tombait dans le vrai. Et tout désarmé, il cherchait les ennuies. Dans ses yeux et dans sa marche transpiraient une volonté immuable. Les mains étaient enfoncées dans les poches de son vêtement couleur poussin et son visage était caché par sa capuche qui tenait bon face au vent. Il jetait des regards suspicieux lorsqu'il passa un carrefour et tout à coup un son l'interrompit.

    Mouki ?


Une voix qui lui venait de sa gauche, il l'a suivie et sous ses yeux étonnés : il vit tomber dans les ténèbres une jeune fille . Il reconnut en un instant l'uniforme du lycée. Il bénit le destin d'avoir mis sur sa route cette demoiselle et ainsi le forcer à s'écarter de sa recherche idiote. Il courut après elle, dans sa course, sa capuche tomba dévoilant son visage inquiet. Il sentit le froid du vent contre ses joues rougissantes, il sentit l'eau glacée qui fondait sur lui, mais il ignora cela. Ils allaient être lavés par une pluie glacée, mais lui s'en fichait car, il venait de trouver celle qui allait le sauver !

Dans sa course il se déshabilla et arrivé face à elle, il la recouvrit de son imperméable sans crier garde. Il s'accroupit et lui tendit une main charitable avant de parler avec une voix qui se voulait réconfortante. Ses mots sortaient à toutes vitesse, ne la laissant pas une seconde pour répondre.


    Je ne connais pas votre Mouki, mais prenez ma main ... Ayez confiance, la pluie ne nous laisse pas le temps pour de plus grande présentation, elle sera sans pitié, allons, prenez ma main. Vos habits ne conviennent pas à la situation gardez mon imper' et prenez fermement ma main. Allons, allons ! Croyez-moi ! Bannissez tous vos doutes et votre suspicion ! Nous sommes pareils, accrochez-vous à moi, faisons trois pas et dites-moi si une douleur vous poignarde le corps !


Il le savait, sa diligence était nourrie par une certaine lâcheté. Elle était une excuse, un prétexte à sa fuite. S'il lui venait en aide, pas de doute, c'était elle qui sauvegardait sa vie par sa simple présence. Peut-être n'aurait-il rien trouvé dans sa recherche, mais si trouvaille il y avait à faire, il aurait assurément regretté. Une étrange tristesse se voyait dans son regard émeraude alors que la pluie se faisait de plus en plus drue, sa chevelure brune tombait sur son visage. Il était habillé simplement, il portait un manteau violet et noir ainsi qu'un foulard aussi immaculé que son pantalon.

Dans les sinistres rues sales de Nara, il était fou de faire confiance à un inconnu. Encore plus de prendre la main d'un manant qui la tend avec espoir, les loups s'habillent en moutons et les méchants hommes passent pour des bienfaiteurs. Cependant, le désespoir pousse les êtres affaiblis à l'erreur.
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MessageSujet: Re: Pluvieuse Errance (Pv Yoshino) Lun 14 Oct - 14:49



Un crissement au loin retentit. Kumi releva la tête alertée par le bruit de course qui la précédait. Elle s’étrangla dans un hoquet. C’est à peine si elle sentit la masse légère de l’imperméable se posait sur ses épaules, mais la chaleur qui s’en dégagea en revanche, lui sembla vivace. D’une main tremblante, elle saisit le cuir jaune du vêtement et le serra à s’en faire blanchir les phalanges. A cet instant, le garçon, en face, ne paraissait être qu’un vague songe sortit tout droit de son esprit en panique. Ses yeux étaient baignés de larmes mal contenues, aussi translucides que la pluie qui faisait scintiller leurs peaux d’une lueur presque surnaturelle. Elle se demanda, si elle ne s’était pas créé un sauveur, invoqué par la pensée un ange venu la secourir. Les prunelles vertes exerçaient sur elle un effet calmant, un peu comme une drogue qu’on injecterait pour contenir une crise d’hystérie profonde. La respiration toujours chevrotante, Kumi hésita, puis toucha d’un mouvement fébrile le creux de la paume blanche, juste du bout des doigts. L’épiderme crémeux frôla le sien d’une manière qu’on aurait pu dire complice, murmurant ainsi que l’homme n’était pas plus un mirage qu’une illusion. Elle avait tellement envie de pleurer.

Je ne connais pas votre Mouki, mais prenez ma main ... Ayez confiance, la pluie ne nous laisse pas le temps pour de plus grande présentation, elle sera sans pitié, allons, prenez ma main. Vos habits ne conviennent pas à la situation gardez mon imper' et prenez fermement ma main. Allons, allons ! Croyez-moi ! Bannissez tous vos doutes et votre suspicion ! Nous sommes pareils, accrochez-vous à moi, faisons trois pas et dites-moi si une douleur vous poignarde le corps !

Kumi étouffa un sanglot. Elle se laissa aller à enlacer la main dans la sienne, puis dans une pulsion incontrôlable se jeta à la taille de l’inconnu comme un naufragé s’accroche à sa bouée quand le navire coule détruit par la tempête. Le front posé contre le torse fin, elle se rassura au battement de cœurs imperceptibles qu’elle percevait de manière succincte et, à la respiration régulière qui agitait la cage thoracique qu’elle serrait maladroitement entre ses bras. C’était finit. Tout allait bien. Tout irait bien, il le fallait. Kumi renifla, et lâcha prise. Le froid faisait toujours trembler son corps, mais elle gardait une impression de chaleur agréable dans le creux du ventre. Kumi rattrapa la main un peu gelée du garçon comme pour la réchauffer à son tour. Au-dessus, un grand coup de tonnerre éclata, et elle resserra un peu sa prise. Pendant une minute, la jeune adolescente avait tout oublié de l’endroit où ils se trouvaient, lugubre. Kumi se redressa tant que mal, invitant le jeune homme à faire de même, ses doigts toujours fermement accrochés aux siens. Dans la ruelle, il y eut un crissement tout petit, discret, pas perceptible pour une oreille humaine normale. Elle ne l’entendit pas.
-Je suis désolée...je...je ne voulais pas. Je...j’ai perdu mon familier. S’il vous plait, je...je ne sais plus quoi faire. –bégaya-t-elle.- Je ne trouve plus la sortie…je...je suis désolée. –elle continua, parcourue de légers spasmes due à l’angoisse qui reprenait le dessus.-

« J’ai peur, pitié ne me laissez pas. » C’est ce qu’elle cherchait à dire tout en se sentant incapable de le faire ; parce qu’elle n’avait aucun droit d’entrainer une autre personne dans pareille situation. Ils étaient deux inconnus, ni amoureux, ni amis, pas même des connaissances ! Aucun pacte, aucun contrat, aucune parole ne les lier l’un à l’autre. Toutefois, Kumi ne pouvait s’empêcher de penser que s’il n’y avait qu’une toute petite chance pour qu’il ne lâche pas sa main, elle la prendrait. Sous la pluie de plus en plus rageuse, cette simple poignée de main était devenue l’essentiel de son monde : Un soutien pour trouver la sortie au cœur de ce labyrinthe ténébreux qu’était brusquement devenue la ville. Lorsque la nuit aurait fini de couvrir de son épais manteau opaque les derniers toits, dans les couloirs glacés de la venelle où ils ne se trouvaient aucun d’eux ne distinguerait plus le visage de l’autre. Kumi se rapprocha par instinct et décrocha la barrette papillons qui scintillait, dans ses cheveux, de milles et un éclat rouge et jaune flamboyant. D’ici moins d’un quart d’heure, ce serait la seule source de lueur. Elle la tendit au garçon. Un nouveau crissement retentit, proche, étouffait par l’écho de sa voix.
-Prenez là, s’il vous plaît.

S’il elle devait se l’avouer, c’était là un cadeau empoisonné. Une promesse qu’il accepterait de rester avec elle un peu plus. L’égoïsme n’était pas dans sa nature, c’est ce qu’elle avait cru jusqu’à maintenant et pourtant…Kumi soupira. Au final, elle ne valait pas mieux que la masse. En cas de besoin, se retournait sur quelqu’un et le suppliait ne lui paraissait plus inconcevable, ou inconvenable. Elle s’était crue, plus courageuse et fière que ça. Derrière eux, une ombre se déforma, avant d’être définitivement happée par la pénombre. La nuit venait de tombée et, avec elle, ils étaient désormais aveugles.
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MessageSujet: Re: Pluvieuse Errance (Pv Yoshino) Jeu 17 Oct - 16:57

Elle lui avait donné un objet, telle une alliance pour fidéliser un cœur volage. Le cadeau pour attraper un amant déloyal. Cependant, il était déjà tout attrapé et n'avait pas besoin de bijou pour l'honorer de ses services. La chance de la demoiselle était dans l'inattention de Yoshino pour l'objet prêté. Il l'avait rangé dans sa poche s'en en regarder la forme. Bien heureux fut ce geste car, le papillon a dans son cœur des ailes assassinent. Dans l'ombre de ce charmant symbole, il y trouve les signes macabres d'un souvenir amer et sanglant. Peu importe la situation, la pluie et les ombres menaçantes, le plus grand danger était dans sa poche. Car, ce beau papillon, dans son esprit, était de fiel et si l'envie l'y prenez de vérifier à l’œil la présence du don maudit, Kumi serait alors abandonné. La colère lui donnera des ailes qui lui permettront de se dérober de ce lieu inquiétant, et la rage lui ordonnera de le faire seul. Car, malgré tous ses mots charmants et ses gestes généreux, Asano était de ces êtres impitoyables qui, offensé ne s'émeut pas.

Mais ce sont des prédictions et le présent se fiche du futur. À l'instant présent, il avait rangé cet objet lumineux en comprenant la raison de ce don. Elle était perturbée, terrifié et déboussolé, il aurait été immonde de voir, en cet acte, quelques vilenies. Cependant, dans ce charmant moment où deux êtres partagent leurs émotions, l'une son désespoir et l'autre ses espoirs, les ténèbres s'étaient gravement renforcés. Ils étaient plongés dans les ombres de la nuit. Il ne voyait que le visage de cette fille, pas plus loin. Yoshino faisait face à de sombres yeux hypnotiseurs, une peau d'une rare perfection et d'une ravissante chevelure trempé. Il aurait gagé que ce ridicule imper's jaune lui donnait un air adorable.

Cependant, ils ne s'étaient pas relevés pour sombrer sous les flots, l'heure étaient à se protéger des cieux et à trouver un abri lumineux. Il s'éloigna d'un pas d'elle, garda précieusement sa main droite dans la sienne et il l'entraîna près de lui. Ils marchaient lentement, il savait qu'elle souffrait car, elle boitait. Pour rajouter à l'affaire Yoshino ne voyait rien. Pourtant, le garçon n'avait pas une once d'hésitation car, cet homme là était maître de ses sens et sa vue pouvait voyager plus rapidement que leurs jambes. Il projeta donc sa vue loin de son corps.

Voilà donc les sombres rues de la ville, les bâtisses s'élevaient dans les airs telle des pierres tombales, macabre ! Les murs dégueulasses où suintaient eau et crasse, même cette pluie terrifiante n'aurait put suffire à les lessiver. Le sol était jonché de détritus qui devenaient de mortels obstacles pour un aveugle tel que lui. La pluie rendait palpable le noir de cette nuit. Elle donnait de la lourdeur au soir. Les ténèbres avaient un manteau gelé, un manteau à accueillir quelques cadavres en son sein. L'odeur se faisait de plus en plus immonde car la pluie danse et les égouts, enchantés par toute cette eau, remontaient. Cette odeur couvrait toute autre parfum. Le ciel frappait la terre de ses orages impressionnantes, Des flashs jalousé pas Zeus tant ils étaient prodigieux. Il déchira l'air avec puissance et un bruit tonitruant faisait trembler les ruelles à chaque coup vaniteux du temps. Sa vue courait avec ardeur tandis que lui avançait d'une marche maladroite.

À chaque moment difficile, il pensait : '' Ce n'est rien, j'ai vécu pire que ça''. Il ne fut pas difficile de s'en convaincre car, oui, ceci n'était encore rien. Mais sa sadique destinée avait une oreille diligente et avait écouté son orgueil, elle en fut vexée lui préparant alors quelques coups bas. Les terreurs de l'imaginaire, les horreurs d'un passé trouveront-ils ici la beauté du tragique et la fin d'une vie ? Au cœur de cette nuit, le destin était maître, mais c'était sans conter les pouvoirs de Yoshino. La lutte était engagée.

Une lumière apparu à la vue de Yoshino, enfin ! Il ne lui manquait plus que de la rejoindre, malheureusement son corps était si loin ! C'est alors que surpris par cette heureuse rencontre, l'aveugle eu un pas maladroit et glissa. La bienséance aurait voulu qu'il lâche cette inconnue, mais il n'en fit rien ! Il s'agrippa à elle, il ne voulait pas se retenir non, il voulait l'entraîner dans sa chute ! Avant de toucher le sol, elle était déjà dans ses bras, tout près de lui, il sentit sa chaleur embrasser sa chaire et sa douceur caresser sa peau trempée. Alors qu'ils devaient toucher terre, et bien, il tombait toujours. Enfin ! Le dos du jeune homme rentra en contact avec une matière souple, du métal. Ils n'étaient plus par terre, mais debout ! Ils n'étaient plus dans les ténèbres du désespoir, mais dans une aura lumineuse.

Yoshino avait le pouvoir de se téléporter jusqu'à sa vue et ce qu'il avait vue, c'était les lueurs d'un magasin fermé, un magasin d'électronique pour être précis. Il se trouvait contre les stores de métal de l'entrée et à leur gauche et à leur droite, la rue était éclairée par les lumières des vitrines. Au-dessus d'eux, une bâche, tendu par des barreaux d'aciers, les protégeait de la pluie. Ce n'était pas énorme, un abri d'un ou deux mètres de largeur et de quatre mètres de long.

L'eau de sa chevelure brune, coula sur son front discret, fit un détours autour de ses yeux vert, transgressa sa joue de sa présence telle une larme, connu un instant l'intimité de ses lèvres et finit par tomber sur la coiffure de Kumi. Elle avait son visage encrait dans son torse et quelques secondes après la téléportation, Yoshino se détacha d'elle avec douceur. Sa respiration était profonde et calme. Enfin, il tenta de la rassurer de sa voix la plus mielleuse.

    Excuse-moi pour ceci, maintenant que nous avons trouvé un abri inespéré, nous pouvons parler ... Ton familier ... il est né dans le lycée, je suis certain qu'il saura retrouver ce lieu-ci. Le plus important est de retrouver notre chemin. Comme tu l'as vu j'ai certaine prédisposition à échapper à une situation, aussi dérangeante soit-elle. Mon nom ! j'ai oublié de faire cela ! Je ne me suis pas présenté dans l'absurdité du moment. Je me prénomme Yoshino.


L'endroit lui paraissait plus rassurant, mais comme je vous l'ai dit : le destin prépare quelques coup-bas et l'espoir est une ruse dont-il use et abuse. C'est dans la lumière que l'on se voit le mieux entouré par les ténèbres. Yoshino et Kumi se trouvaient en face de la bâtisse, ils étaient près d'un croisement. Le magasin longé donc, deux rues, et à son côté se trouvait une chose infâme, le résulta d'un acte innommable. Un corps à la poitrine ouverte, littéralement. Yoshino espérait tant voir la jeune fille se calmer qu'il n'avait pas aperçu le sang par terre. Du sang dilué dans l'eau et la vengeance.
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MessageSujet: Re: Pluvieuse Errance (Pv Yoshino) Ven 18 Oct - 23:47

Aux rêves cèdent inlassablement les cauchemars.  

Kumi n'avait jamais rien vécu, alors qu'elle boitait accrochée à la taille de Yoshino, cette phrase la martelait comme une maxime, telle une frappante vérité qu’aurait dénié lui accordé l’ange du savoir dans sa grande bonté. Elle se rappelait de sa vie dans la campagne française : L’école de la commune, sa grande maison à l’orée des montagnes et ses petits déjeuners garnis, toujours servis dans une argenterie fine rapportée d’Allemagne. Elle avait eut une vie de princesse et ne gardait de ses parents que l’image de figures aimantes, peu présentes, certes, mais disposés à combler tout ses caprices. Elle n’avait manqué ni d’amour, ni d’affection. Kumi ne connaissait pas le sens du mot peur, ou effroi. Des gardes du corps s’étaient chargés de sa protection dés son plus jeune âge. Un majordome, l’emmenait et la ramenait chaque jour de l’école et l’enfant qu’elle était, -à l’époque- s’en était toujours réjouis, car c’était bien là, pour elle, la chose la plus naturelle au monde que d’être traitée ainsi. Ses paternels l’avaient choyé, l’avaient grondé et l’avaient aimé plus que quiconque sur cette terre. Elle en était devenue une adolescente travailleuse, qui se complaisait dans les études et respectée les ordres. Les gens n’avaient que des compliments à son égard, elle était jolie et intelligente. La magicienne n’avait affronté que peu de déceptions qui, si elles l’avaient marqués, n’étaient pas ancrer dans sa mémoire, à moins qu’elle ne les ait effacé comme on gommerait une mauvaise esquisse avant de la jeter à jamais, dans le recoin sombre d’une poubelle. Elle avait réduit en cendres les mauvais souvenirs pour ne garder de tous les instants de sa vie que les plus beaux et les plus bons. Elle se demandait parfois comment l’amertume et la tristesse goûtaient en bouche, si leurs saveurs étaient aussi âpre et acre qu‘on racontait dans les romans. Cependant, ce soir encore, elle tenait à faire des dernières minutes passées un moment d’éternité dans lequel elle pourrait se complaire de façon agréable, jusqu’à sa mort.   Sur cette pensée, le pas lourd, elle se sentit brusquement basculer, entraînée par le poids de Yoshino qui trébuchait, tombait et l’accompagnait dans une chute aussi rude que certaine. Elle lâcha un cri, se mordit la lèvre inférieur et s’accrocha à lui avec plus de force attendant un impact qui ne viendrait jamais.

-Eh ?

Quand elle rouvrit les yeux, sous un ciel d’encre où ne brillait aucun éclat de lune pas plus que le moindre fragment d’étoiles, Kumi logeait fermement dans le creux des bras chaud de Yoshino. Les venelles sinueuses avaient cédées leurs places à une avenue ouverte, à peine éclairée par les néons grésillant des échoppes fermées. Dans l’ombre, à l’abri de la pluie qui clapotait sur la bâche au dessous de laquelle ils étaient à présent réfugié, Kumi déglutit. Elle caressa du bout des doigts le vêtement détrempé de son compagnon de fortune en un effleurement vif et discret qu’il n’avait pas pu sentir. La quiétude semblait régner et avec, l’angoisse qui tortillait dans ses entrailles s’apaisait, pareille à un feu étouffé. C’était la première fois qu’elle avait un contact aussi rapproché avec quelqu’un de plus grand et fort, mais surtout d’à priori son âge. Quand bien-même tout ceci n’était l’affaire que de cette soirée trouble et de la nécessité de se soutenir dans une situation inhabituelle, cela restait déroutant. Elle ne pensait pas l’avoir jamais croiser à Tadakai. Le visage -bien qu‘indistinct- n’était pas de ceux qu’on oublie, doux avec des yeux de biche d’un vert saisissant. Il n’avait pas la stature d’un guerrier, mais loin de lui faire défaut cela en ajoutait au raffinement délicat qui semblait être le sien. Si l’apparence ne la trompait pas, Kumi ne voyait en ses traits que caresse et douceur. Le genre d’homme à qui la violence ne saurait tirer aucun sourire, hormis celui désabusé du mépris. Qui était-il au juste ? Kumi allait se le demander, peut-être même le lui demander, quand il mit fin à ses hésitations nocturnes.
Excuse-moi pour ceci, maintenant que nous avons trouvé un abri inespéré, nous pouvons parler ... Ton familier ... il est né dans le lycée, je suis certain qu'il saura retrouver ce lieu-ci. Le plus important est de retrouver notre chemin. Comme tu l'as vu j'ai certaine prédisposition à échapper à une situation, aussi dérangeante soit-elle. Mon nom ! j'ai oublié de faire cela ! Je ne me suis pas présenté dans l'absurdité du moment. Je me prénomme Yoshino.

-Et moi, Kumi Hayashi. -fut-tout ce qu’elle trouva à répondre, dans un frisson.-

Il avait raison. Son idiotie la frappa de pleins fouets. Elle avait paniqué et été partie sans réfléchir nonobstant son sens de l’orientation piètre et sa grande émotivité. Par bien des côtés, Kumi se trouvait tellement immature. Elle redressa la tête, grelottante, et se mit à fixer Yoshino. Yoshino, ce n’était pas difficile à prononcer, un prénom communicatif pour un propriétaire à la figure amicale. Happé par ses traits, elle en oublia de cligner des yeux. Kumi eut un mouvementent pour essuyer de l’eau qui perlait au front humide du magicien, puis se ravisa et sortit un carré de tissu en soie d’une poche intérieure à son uniforme. C’était un objet qu’elle avait brodé grossièrement à la main et qui n’avait aucune forme. Elle l’avait gardé comme le souvenir de son seul essai -raté- à la couture. Un peu honteuse face à la très modeste apparence de l‘objet, elle le tendit, d’un air contrarié.

-Je suis désolée, je n’ai que ça à vous donner pour vous essuyer. -elle fronça le nez, mais se força à mettre le tissu rapiécé aux allures de chiffon dans la main glacée, du garçon.-

La serviette était indéniablement propre, mais le design qui apparaissait comme un oiseau déformé en était si grossier que c’était comique. Kumi se déplaça à genoux, le sol dur irritant la chair fragile de ses jambes alors qu’elle s’asseyait d’épaule à épaule avec son camarade d‘infortune. Elle se cala assez prés de lui, puis défit l’imperméable -maigre source de chaleur- et l’invita d’un geste à se rapprocher à son tour pour qu’elle puisse disposer la petite surface de cuir jaune autour d’eux. Ce n’était, bien sur, pas assez pour les couvrir tout les deux, à peine suffisant pour un, mais elle se sentait mal de profiter de ce qui n’était pas à elle, quand Yoshino devait rester à attendre frigorifié. Il n’y avait plus de transports à cette heure, l’académie était à plusieurs kilomètres et la fatigue pesait sur leurs corps avec lourdeur. Ainsi, qu’il marche maintenant ou plus tard, la situation serait la même, mieux valait se reposer en attendant que l’orage cesse. Kumi se demanda, si, une fois rentrée, Yoshino et elle redeviendraient de parfaits étrangers. Deux inconnus dans la masse des élèves de l’académie, ne se parlant point et ne s’accordant au détour d’un couloir qu’un salut vague, accompagné d’une fausse grimace joyeuse en signe de reconnaissance polie. Kumi souffla sur ses doigts pour la troisième fois de la journée, dans le faible espoir d’en réchauffer les bouts, un tantinet. Elle sentait ses lèvres piquaient, le froid les rendrait bientôt bleu givre et le vent se chargerait ensuite d’en craqueler la chair comme un couteau coupe dans du beurre mou.

-Il est vraiment moche non, mon mouchoir ? -ria-t-elle prise d’une certaine nervosité.- Hum…Yoshino-san, c’est un peu gênant de demander ça, surtout qu’on ne se connaît pas…Mais seriez-vous d’accord de partager nos poches ? Je veux dire mettre les mains dans la même poche, ce serait plus chaud ?

Kumi tenta de chasser la gêne qui avait joliment coloré ses joues et lui donnait avec son nez déjà rouge, une frimousse de lutin. Toute à sa tranquillité, elle n’avait pas encore réalisé que sa peau blanche à force de frotter sur le sol s’était teinté d’un rouge clair, mais lugubre. Les lumières du magasin n’étaient pas suffisantes pour rendre au liquide macabre sa véritable nuance.  

Clop, clop.

Les pattes frappées sur le macadam avec force, imbibées des poils jusqu’à l’os de sang, les traces qu’elles abandonnaient derrière étaient imposantes, agrandit par le fluide visqueux qui suintait. La bête avait le ventre vide. Elle sentait la faim la tenaillait et errait en affamée. Entre ses crocs luisants, des morceaux de viandes humaines coincées finissaient leur putréfaction. Elle dégageait une haleine effroyable, de celle qui font vomir jusqu’à la bile.  Elle était un raté, quelque chose qui avait mal tourné. La créature leva la gueule vers le ciel et huma l’air à la recherche d’un parfum chaud et appréciable. Elle était assoiffée. Les proies qu’elle traquait s’étaient envolées sans prévenir et elle se retrouvait à devoir chercher du nouveau gibier. La pluie amenuisait les senteurs, cachait les effluves corporels et l’empêchait d’être efficace dans sa chasse. Néanmoins, la soirée était longue et la pluie faible. Il finirait de pleuvoir bien avant que le jour se lève ; assez tôt, pour qu’elle s’enfuît repue et satisfaite.
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MessageSujet: Re: Pluvieuse Errance (Pv Yoshino) Dim 20 Oct - 14:01

Le temps prévaut sur tout : et les vies et les mots. Il fait de ces nobles promesses, de vils traîtrises. ce ne sont point les assassins qui poignardent, ni les maladies qui tuent, non ! C'est le temps qui est responsable de tout. Il est la misère du monde et sa pire malédiction. Le temps est l'amant du mal, sa source, elle flétrit fleure et adolescent, tue vie et présent et massacre bâtisse et civilisation. Dans ce piège inévitable, dans la course folle du temps, les derniers grains de sables, du jeune et beau Yoshino, tombaient misérablement et l'emportaient avec eux dans un piètre tombeau. Le chant bruyant de la pluie était son requiem et ces gouttes d'eaux, son linceul glacial.

    Et moi, Kumi Hayashi.


Au moment où elle se présenta, un reflet écarlate attira un instant son regard. Il avait déjà vue du sang, beaucoup de sang et ses yeux vifs et entraînés n'avaient pas besoin de plus de lumière pour voir le liquide morbide. Son visage ne laissa rien paraître de ce que Yoshino avait découvert car, il avait un sang-froid à toutes épreuves. Il usa de son pouvoir et regarda ce que dans l'obscurité, le magasin cachait. Un cadavre ! Aucun de ses traits ne se déforma lorsqu'il découvrit l'homme à la poitrine ouverte, ce genre d'ouverture propre... Ce genre de blessure net ! Il la connaissait ! Oui ! C'était comme autrefois ! Une plaie née sous le froid d'une lame.

Yoshino était de ces escrocs qui pouvaient mentir sans vergogne, dans ses mots ou ses gestes. L'on pouvait respecter ça car, il tenait bon, impassible, malgré la funeste tempête qui ravageait son cœur. Un vent malfaisant voulait arracher son âme de sa carcasse, la pluie délétère, elle, lacérait son esprit sans remords. Pour ajouter à cela, la féroce foudre martelait de question son pauvre crâne. Cruellement blessé, tristement tourmenté et horriblement mort, Yoshino saignait au plus profond de lui, une blessure ancienne s'était rouverte. Il avait peur. Asano lui, le terrifié, le cadavre, le triste avait cœur à vaincre ses peurs !

Le cadavre était effroyable. L'homme devait jadis avoir la quarantaine, il avait des yeux bruns, de fin cheveux noirs et ses rides révélaient un passé tourmenté. Déjà, sa peau avait une blancheur cadavérique et l'horreur était dessinée sur son visage. Sa bouche était déformée par un cri, sûrement jamais sorti de sa gorge, ses yeux étaient écarquillés par une surprise morbide ou peut-être était-ce des yeux terrifiés ? Étendu sur le dos, ses mains étaient crispées, s'était-il débattu ? Ses membres se sont-elles accrochées vainement à leurs meurtrier ? Peu-importe les réponses car, la véritable question, celle qui chamboulait son âme était : Yoshino, Kumi ... sont-ils maintenant des proies ?

Il fallait bouger ! Il fit voler sa vue dans les airs, haut dans le ciel éternel, haut dans la nuisible nuit et il y vit des lumières favorables. Clarté salutaire qui provenait sûrement du centre commercial. Ce n'était pas assez clair pour s'y téléporter, mais au moins pouvait-il deviner un chemin à prendre. Yoshino était intelligent et il construit mentalement un plan pour sortir Kumi de cette situation. Précis et méthodique, il était ainsi. Vous l'avez remarqué, ses qualités il les employait à sauver Kumi, seulement Kumi ! Il avait d'autre projet pour sa personne. Yoshino était un amoureux de la dramaturgie et il faisait de sa vie une tragédie en pensant agir par devoir. Tout à coup, sur un toit, il vit une ombre aux longs cheveux ! Le meurtrier ? Ou un fantôme ? Il n'avait plus le temps pour deviner et il ne l'avait pas non plus pour poursuivre, de ses sens, cette chimère disparue.

    Je suis désolée, je n’ai que ça à vous donner pour vous essuyer.


Impassible il tendit sa main pour accueillir l'objet qu'il ne pouvait voir. Il referma sa main sur le mouchoir comme le destin avait refermé son piège sur son âme. C'est-à-dire : sans hésitation. Il était fait, la vermine ! Yoshino était fait comme un rat ! Dos au mur il savait son futur compromis. Il ne pipa mot, ne révéla rien. Cette Hayachi fut assez affolée comme ça par l'absence de son familier. Jamais, au grand jamais elle ne devait savoir. Peut-être, à cette image perdra-t-elle l'esprit ?! Ni lui, ni elle, avaient besoin de ça. Il pouvait gérer cela, seul ! Tout seul ! Toujours tout seul ! Yoshino était orgueilleux et ce péché avait causé la perte à des coeurs bien plus héroïques que le sien. Il ignora son idiotie mortel et ramena sa vue à lui.

    Il est vraiment moche non, mon mouchoir ? -ria-t-elle prise d’une certaine nervosité.- Hum…Yoshino-san, c’est un peu gênant de demander ça, surtout qu’on ne se connaît pas…Mais seriez-vous d’accord de partager nos poches ? Je veux dire mettre les mains dans la même poche, ce serait plus chaud ?


Il émit un petit rire cristallin aux mots de Kumi. Elle était charmante et il ne riait pas pour se moquer, mais par un franc étonnement. Aux vues de la situation ces mots candides étaient hors norme, cette innocence était touchante, il en était ému et la bouche embrumée d'une affectueuse émotion, il répondit avec cette gentillesse tout à fait naïve :

    Moche ? Oui peut-être, mais ... je ne sais pas, peut-être parce qu'il est de toi, moi, je le vois beau. Je te le rendrais une fois lavé.


D'une main légère, il se sécha le visage et se permit de ranger le mouchoir dans sa poche. Délicatement, il prit la main de la demoiselle et l'apporta pieusement à sa joue. Sa main froide contrastait merveilleusement avec la chaleur de son minois. Il sentait la douceur de sa peau comme elle, la sienne. Sa bouche, sans sourire, fit une mystérieuse mine. Le vert de ses yeux se plongèrent dans les prunelles de Kumi. Dans son regard, on pouvait apercevoir, une tranquillité, une tendresse, une gentillesse et une souffrance navrante. Il aurait aimé lui dire ''excuse-moi'', ''pardonne-moi'', ''sauve-toi'',''abandonne moi'', ''souviens-toi de moi, de cette chaleur !'' et ''Ô belle inconnue ne m'oublie pas !''.



Ce n'était pas sa bouche qui traduisait ces mots, mais son visage, lui qui en révéla bien plus encore. Malheureusement, il y a fort longtemps que les êtres humains ne savent plus lire les traits d'un corps. Mais n'importe qui aurait pus ressentir sa mélancolie, sans toutefois la comprendre. Comprendre, qu'il ne pouvait pas faire marche arrière, malgré-lui, malgré-elle ! Il était conscient de la fin de cette histoire, il était conscient des risques pour elle. Il s'était trompé : elle ne l'avait pas sauvé, il l'avait peut-être condamné ! Il se refusa de la mêler à son histoire ! Il se l'interdit ! Il répugna de la voir chuter, avec lui ! Dans sa folie ! Parmi les morts ! S'il échouait, il damnerait son âme mille fois ! Était-ce égoïste ou généreux de sa part ? Je parle de ce mensonge qu'il allait lui servir sans sourciller, épaulé par sa voix réconfortante :

    Désolé pour les poches, mais nous n'avons pas le temps, pas autant que je ne l'espérais. Il faut rejoindre le centre commercial, des amis m'attendent, et s'ils te demandent d'où viens ton apparat dit leur que c'est un cosplay car ... ils ne connaissent pas Tadakai.


Il voulait la protéger de cette vue horrible, elle portait le costume de Tadakai, elle portait, sur ses épaules, sa relation avec la magie. Si dans cette rue se trouvait ses ennemies, ils auraient tôt fait de lui arracher ses pouvoirs de sa chair. Bizarrement, Yoshino parlait peu, c'était ainsi quand la situation était grave. Elle ne le connaissait pas assez pour savoir cela, pouvait-elle tout de même le ressentir ? Il aurait voulu se cacher avec elle dans ce magasin, mais s'ils étaient au courant de leurs présences, s'ils pouvaient détecter la magie, alors, ce magasin deviendrait un cercueil pour ce couple malencontreux. Il ne pouvait pas se risquer à fermer les yeux et à espérer. Il n'était pas du genre à faire l'autruche et ignorer la vérité. Il pointa alors les ombres de sa main libre, à sa droite, à l'opposer du sang et de la viande morte, et reprit la parole :

    Regarde dans ces ténèbres, par là, oui là-bas, loin d'ici ! Épie de tes magnifiques yeux la moindre lueur, la moindre étincelle de vie. Nous prendrons ce chemin-ci pour rejoindre le centre commercial, cri au moindre signe de danger, je me téléporte pour prendre la lumière qui guidera nos pas, attend moi, juste une minute.


Une fois sûr qu'elle eut enregistré ses mots, il déposa un baisé sur sa main telle une promesse silencieuse et mystérieuse, puis se téléporta dans le magasin. Une fois à l'intérieur, il sortit son portable de sa poche et réfléchit à ce qu'il allait leurs dires. Que dire à ses ''amis'' ? Il n'allait pas les amener jusque ici, le temps qu'ils arrivent, peut-être seraient-ils déjà morts. Non, il allait se conformer à son plan original, il tapa le court numéro de téléphone, plaqua à l'oreille l'appareil et attendit. Il attendit ... et répondit :

    Allô ?! La police ! ... Oui, non, oui ... J'appelle pour un meurtre ... Non, non écoutez, j'ai peur pour ma vie ... Je me nomme Yoshino Asano et je suis accompagné de mon amie, Kumi hayachi ... Je vous en prie, écoutez ! il y a un cadavre en plein milieu de la rue et je crois que l'assassin est toujours là ... écoutez, nous accourons jusqu'au centre commercial, une fille et un garçon, rejoignez-nous ...


Et il raccrocha, sachant peut-être que c'était la dernière fois qu'il allait se présenter. Yoshino se trouvait dans un petit magasin sans prétention, un comptoir et différents articles électroniques vendus à bas prix s'y trouvaient. Les produits étaient suspendus aux murs et dans de fragiles rayons en bois. Yoshino farfouilla en quêtes d'un éclairage quelconque. Le comptoir fait d'un plastique bon marché contenait une caisse enregistreuse, un lecteur de carte bleue, des feuilles où étaient inscrites les promos de la semaine, de petites cartes de visite de magasins partenaires, des stylos, un agenda, un journal de compte et, Ah ! D'une lampe torche ! Le jeune garçon la testa, elle fonctionnait ! Il n'était pas idiot, il savait que la lumière, dans les ténèbres, était un phare pour les démons, mais il n'avait pas le choix ! Il était enfin temps de rejoindre Kumi et de fuir. Fuir le temps de mettre Kumi en sécurité car, s'il n'avait pas le courage de protéger la demoiselle, il espérait être assez lâche pour la sauver.
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MessageSujet: Re: Pluvieuse Errance (Pv Yoshino) Lun 28 Oct - 13:11


Kumi sentit son ventre brûler d’une agréable chaleur aux paroles de Yoshino. Sa peau picotait là où sa main frottait contre la joue pale. Elle avait rarement supporté le poids d’un tel regard dans le sien, aussi profond et mélancolique que celui que l’académicien lui adressait dans une mimique douce. Elle avait bien connu les froids ou envieux, les yeux jaloux ou amusés, mais cette tristesse latente à mi-chemin entre la détresse et la tendresse, c’était la première fois qu’elle s‘y confrontait. Elle voulut lui dire que tout irait bien, qu’ensemble aucun deux n’avaient rien à craindre, mais n’en eut pas le temps et c’était mieux ainsi, car que Kumi veuille l’accepter ou non, rien n’était moins vrai. Dans l‘épais manteau noir de la nuit, plus d’un danger les guettaient. Elle écouta d’une voix distraite Yoshino mettre fin à cette pause courte, se résignant à le laisser partir alors qu’il posait sa bouche chaude contre le dos de sa paume, dans un geste à peine appuyé, aussi délicat que la caresse d’une plume.

- Désolé pour les poches, mais nous n'avons pas le temps...des amis m'attendent...ne connaissent pas Tadakai...Attend moi, juste une minute.

-Très bien. -chuchota-t-elle ses doigts se refermant dans l’air de la place que venait de quitter le jeune homme.

Elle n’était pas sûr d’avoir bien écouté toutes ses paroles et ne chercha même pas la cohérence de ses propos, quant à l’évidence, ceux-ci étaient biaisés. Après tout, quels amis pouvaient attendre à cette heure de la soirée, dans un centre commercial probablement fermé ? Elle se savait intérieurement naïve de le suivre. Il était un étranger, rien ne lui garantissait que ce n‘était pas un menteur mais, les doutes qui auraient dû la hanter taper dans un mur de granit qui était celui de la foi qu’elle avait décidé de placer en Yoshino Asano. En attendant de le voir revenir, Kumi se décida à se dégourdir les jambes et se redressa d’un geste souple, tout en tirant sur sa jupe, -mal lui en pris que celle-ci ne remonte trop- elle avait déjà eu assez honte pour une vie aujourd’hui. L’air froid passa sous et entre ses cuisses la gelant à nouveau tandis qu’elle remettait l’imperméable jaune en un frisson. La couleur flash de ce dernier la faisait luire au milieu de la pénombre comme un phare par temps d'orage.

-Yoshino revient-vite…
-se susurra-t-elle anxieuse à l’idée de rester seule, trépignant sur place.-

En échos à sa voix, le miaulement d’un chaton caché dans l’angle de la rue la fit bondir. De couleur suie, seuls ses grands yeux scintillaient de façon distincte lui donnant un air fantomatique. La main sur la poitrine, Kumi tenta de calmer son cœur tambourinant et s’approcha à petit pas du chat qui s’empressa le long de ses chevilles, dans un nouveau miaou affectif. Le ronronnement agréable qui se dégageait de l'animal errant la poussa à le prendre au sein du creux confortable de ses bras. Son apparence pauvre et affamé pourtant, bien lointaine de celle de Mouki, comblait toutefois un tantinet, le vide créé par l‘absence de son compagnon. Elle adorait les bêtes depuis son enfance, trouvant en eux une honnêteté qui faisait défauts aux humains. Kumi en oubliait parfois que leur innocence les rendaient aussi bien cruels. C'était une erreur. Elle fit demi-tour et le chat lui sauta brusquement au visage avant de s'enfuir hors de sa portée.

Un gémissement douloureux au bord des lèvres, l'étudiante porta une main à sa joue droite à feu et à sang, qu'il avait sauvagement griffée dans sa débandade. Si, la blessure n’était pas importante les coupures en étaient fines et longues, bien assez profonde pour que la plaie ne cesse pas de saigner sans aide et goutte d'un pourpre vif tâchant son menton et son cou couleur neige en un contraste saisissant. Elle plaqua sa paume contre l'entaille dans une grimace, retenant une goulée de larmes. Ce genre de blessure bénigne ne méritait aucun pleur. Kumi entendit Yoshino arriver et maudit son imprudence continuelle. Elle se résigna à le rejoindre honteuse de sa mésaventure. Pas sûr qu’il n’est pas assisté à la scène. Elle était blessé dans son amour-propre, car affligée de se trouver aussi ridicule. Décidée à faire fit de la situation, elle pressa plus fort sa main contre la pommette écorchée jusqu’à ce que le saignement s’arrête.

-On y va alors ? -lança-t-elle d’une voix sourde, battant des cils sous la lumière vive de la torche que tenait Yoshino à la main.-

Elle essuya sa main sur sa chemise blanche gênée de la crasse qui commençait à la couvrir de la tête aux pieds, -l'heure n’était pourtant pas à se soucier de son apparence- et s’empressa ensuite plus près de Yoshino dont elle était heureuse de retrouver la présence. Elle ne demanda au garçon aucune aide quant à la coupure préférant ne pas abuser davantage de ce qu'elle avait reçu. La blessure cicatriserait vite. En face d’eux, sans prévenir, le chat revint s’asseoir. Sa silhouette figée par la torche était étrangement difforme. Elle était immense, pleines de bras et de jambes. Sa fourrure se hérissa et il disparut encore dans un mouvement d’ombre.

-Allons-nous en vite….-glissa Kumi à l’adresse de Yoshino. Elle n'avait qu'une hâte désormais, c'était de le suivre loin d'ici.

L'impression malsaine que dégageait la rue s'était amplifiée en l'espace d'une minute, à moins qu'elle ne vienne juste de la remarquer. La magicienne exerça une pression stressée sur le bras de son camarade pour l’entraîner dans sa marche à l’aveugle, en direction du centre commercial. Il n'y avait vraiment rien qui vaille prés d'ici. Kumi crut sentir une odeur désagréable pareille à celle d'un rat mort tandis qu'ils quittaient les lieux. Elle ne posa aucune une question, soucieuse de ne pas inquiéter Yoshino avec ses suppositions idiotes. Elle était tellement loin du compte.

-Quand on sera enfin de retour à Tadakai, on pourrait aller boire une tasse de thé ensemble non ? Sans me vanter, je cuisine plutôt bien. -invita-t-elle, frottant à nouveau sa joue blessée qui lui tirait.

Le calme de ses paroles contrasté avec le rythme endiablé qu'elle même leurs imposait à la limite de la course. Mais elle pensait sincèrement ses mots, car ils allaient s'en sortir c'était obligé.


Le chat attendit un peu et se mit à les suivre. Elle n’avait pas eu besoin de chercher longtemps. Le jeu pouvait commencer.


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MessageSujet: Re: Pluvieuse Errance (Pv Yoshino) Lun 16 Déc - 10:19

Bonjour, désolé de l'intrusion, mais où en est votre RP? Est il abandonné ou va t'il reprendre? Merci de préciser sans quoi il sera déplacé!
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MessageSujet: Re: Pluvieuse Errance (Pv Yoshino) Lun 16 Déc - 13:13

J'attends de voir si Yoshino reviens ! J'aimerai reprendre ce rp s'il revient. Donc si tu pouvais le laisser en place pour le moment ! x)
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MessageSujet: Re: Pluvieuse Errance (Pv Yoshino)

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