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 Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami

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Józsua Esterházy

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MessageSujet: Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami Lun 24 Aoû - 20:24

La journée avançait, avançait, avançait.

Les cours se déroulaient, le déjeuner se passait, le club de musique marquait une pause, puis la journée continuait.

Sans obligation de se rendre où que ce soit ni de parler à qui que ce soit, son maître avait toujours une réaction prédictible. Il montait les escaliers. Troisième étage. Quatrième. Il ouvrait la porte, et plongeait dans le ciel, bleu, gris, sombre et zébré, blanc et lourd, limpide et illuminé.

Ce jour-là, il était bleu.

La journée était chaude, la lumière profuse, plus bas on aurait pu entendre les insectes bourdonner et les élèves folâtrer. Mais le toit était désert. Son maître soupira, et marcha jusqu'au coin opposé de la plate-forme. Il s'adossa au grillage. Son regard gagna l'immensité du ciel, et son corps glissa lentement au sol.

Son maître n'avait pas besoin d'utiliser son pouvoir pour s'abimer dans son propre univers. Ses yeux glissèrent vers des rivages lointains. Pendant ce temps, lui devrait le surveiller. Veiller sur lui. Parce que c'était là le role d'un familier. Et parce que sa raison de vivre était de veiller sur lui. Il battit des ailes, se posa à quelques pas de lui, entre son corps inanimé et la porte d'accès au toit, en défense indéfectible face à tout agresseur, toute menace, tout ce qui pourrait perturber la paix de son maître.

Mais son maître ne resta pas inanimé bien longtemps. Il se poussa sur le côté, glissa une main dans son sac, et en ressortit un livre de poche dont la couverture semblait comme neuve, mais la tranche révélait le grand nombre de fois où il avait été lu. Ce livre avait été prêté par ami-du-silence. Celui que le maître appelait Ivan. Certains familiers adoptaient les noms dénués de sens qu'utilisaient les humains. Mais Csibe, conversant peu, gardait l'usage le plus naturel pour les familiers, ces êtres qui s'expriment par pensées et non par mots. Il y avait le maître. Il y avait mère. Il y avait ami-du-silence, ami-du-rire et ami-du-chant. Les autres étaient la foule indistincte qu'il connaissait mieux par leur familier que par leur identité humaine. Ami-du-silence, et son familier marche-fil, étaient ceux qu'il connaissait le mieux. Le maître leur faisait confiance, alors lui aussi leur faisait confiance. Et lorsque ami-du-silence prêtait un livre au maître, il le lisait comme il lisait les sens des oiseaux. Il plongeait dans les sens du livre et laissait son corps à sa bonne garde.

Il reprit donc sa mission, se tenait droit, les ailes tendues et l'oeil alerte. Bien qu'il n'ait pas physiquement d'yeux. Il n'avait pas besoin d'yeux physiques pour être alerte et sur ses gardes. En particulier, il n'avait pas besoin d'être extrêmement perceptif pour remarquer lorsque l'unique accès à leur refuge, la porte du toit, s'ouvrit soudain pour révéler une jeune fille, suivie de près par son familier.

Il fronça mentalement les sourcils, ce qui était le mieux qu'il puisse faire en terme d'expressions faciales. Il ne connaissait pas cette élève, ni son familier. Un mouton ? Il mâchonnait dans le vide, et regardait dans le vide. Maître-mouton ne regardait pas dans le vide. Elle regardait le ciel, comme son maître regardait le ciel. Il sautilla pour se rapprocher de son maître, se tenant prêt à le réveiller au moindre signe de danger.

Il surveillait maître-mouton attentivement. Très attentivement. Suffisamment attentivement pour oublier la présence de mouton. Il avait l'habitude de se méfier des humains, et moins des familiers, qui souvent suivaient et rarement menaient l'attaque. Ce jour-là, il apprit par la manière forte (et humide) qu'il fallait surveiller toutes les têtes de Cerbère.

Il poussa un piaillement aigu que seul son maître pu entendre. La seule chose qui pouvait le sortir de son univers.

Józsua sursauta. Le roman tomba de ses mains, et ses yeux papillonnèrent, cherchèrent à se rappeler où il se trouvait et ce qu'il y faisait. Il se redressa en position assise, repéra la silhouette d'une condisciple, se demanda vaguement depuis combien de temps elle était là et si c'était elle qui avait produit le bruit qui l'avait ramené à lui (il était certain qu'il s'agissait d'un bruit, plutôt aigu, mais quoi exactemenent, son esprit absent n'aurait pu le dire) et seulement ensuite son regard redescendit à ses pieds, où il vit un petit mouton aux airs de peluche, particulièrement mignon même pour un mouton.

Puis il vit Csibe entre ses babines.

Se faire lentement mâchonner.

Et se faire imprégner de bave de mouton.

-Csibe ! D'où est-ce que, az istenit écarte tes...

Il attaqua les mâchoires du mouton à pleines mains, tentant de les désserrer avant qu'une déchirure irréversible n'arrive à son pauvre familier. Son regard darda vers la jeune fille, qui semblait n'en avoir, pour utiliser des mots d'une vulgarité appropriée à la gravité de la situation, rien à foutre.

-HEY ! Aide-moi, le mouton, c'est ton familier ? Il, il mange mon, il est en papier ! il est fragile, il, il peut mourir !

Elle n'en avait toujours, en peu de mots, rien à secouer.

Józsua traina le mouton par la bouche derrière lui et donna un coup de coude dans la cuisse de la jeune fille, le plus haut point de son corps qu'il pouvait atteindre sans soulever le mouton à bout de bras.

-Mon familier est en danger de mort. Il est à toi le mouton ? Tu peux faire quelque chose ?

Oui, le mouton était bien à elle, il en était certain. Et pas seulement parce qu'ils n'étaient que quatre sur ce toit. Parce que durant le duel opposant les doigts de Józsua et les mâchoires serrées du mouton, celui-ci était resté aussi stoïque que sa présumée maitresse.

Et ne s'était pas arrêté de mâchonner.

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Síf Ásdóttir

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MessageSujet: Re: Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami Lun 24 Aoû - 23:32

D'une démarche lente et dodelinante, Skepna suivait son humaine sans un bruit. On aurait pu dire que le mouton était passé maître dans l'art de la discrétion ; malgré sa silhouette rebondit et ses sabots, il se faufilait dans les traces de sa maîtresse sans émettre le moindre son. Skepna ne pensait pas à grand chose, il avait vu le ciel bleu et le soleil irradier à travers les fenêtres de l'académie. Il savait parfaitement ce que Síf avait en tête, en une journée pareille. Ce qui n'était généralement pas pour lui déplaire. Ça se terminait le plus souvent au milieu de quelques buissons ou arbustes et avec pas mal d'herbe. Et si il y avait de quoi brouter, que le jeune mouton pouvait-il demander de plus ? Malheureusement il s’aperçut bien vite que l'humaine ne semblait résolument pas prendre la direction du parc voisin ou d'une quelconque autre étendue verte qui pourrait faire office de garde manger. Lorsque celle-ci l’entraîna dans l’ascension d'une série d'escalier qui lui arracha un bêlement agacé, Skepna su qu'il renonçait à ses rêves de tendres feuilles humidifiées par la rosée.

Síf poussa la porte qui barrait l'accès au toit d'un geste vif et prit une grande inspiration. Flâner dans les jardins, même si elle n'était arrivée qu'assez récemment, avait fini par la lasser. Un peu de changement ne lui ferait pas de mal. Et cet après-midi là, elle avait décidé de s'essayer à observer les alentours depuis le toit. Peut-être prendre quelques clichés. Ou dessiner un peu. Elle sortit son appareil photo de son sac, laissant ses yeux se perdre dans l'océan azur qui trônait au-dessus de sa tête. Ses pensées s'envolèrent parmi les oiseaux et les nuages. Cette journée serait une belle journée. Elle en avait décidé ainsi.

« Csibe ! D'où est-ce que, az istenit écarte tes... »

L'exclamation soudaine la ramena brusquement sur terre. Son regard papillonna à droite et à gauche, le temps qu'elle ne recouvre son esprit, puis s’arrêta sur le jeune homme qui s'était rué sur Skepna.

« HEY ! Aide-moi, le mouton, c'est ton familier ? Il, il mange mon, il est en papier ! il est fragile, il, il peut mourir ! »

L'islandaise le dévisagea, interdite, peinant à se raccrocher au wagon de la réalité. Le garçon, lui, continuait de batailler avec Skepna pour lui arracher... Un morceau de papier de la bouche ? Mais enfin. Skepna mangeait presque tout le temps du papier. On n'en était encore jamais arrivé aux mains pour ça.

« Mon familier est en danger de mort. Il est à toi le mouton ? Tu peux faire quelque chose ? » continua de plaider l'inconnu, sous le regard absent de la jeune femme. On l'avait arraché à ses rêveries et elle peinait à reprendre pied. Mais quelque chose dans l'expression ou peut-être l'intonation du garçon, avait fini par réveiller quelque chose en elle. D'un geste souple, elle releva son appareil photo et prit un cliché de son visage. Bon. Prendre des photos des gens sans leur permission était... Assez malpoli. Ou mal vu. Aussi, elle évitait généralement de le faire ou s'échinait à être bien plus discrète. Mais cette fois-ci, elle n'avait pas pu résister. Elle était certaine qu'elle en tirerait une excellente photographie. Síf rabaissa l'appareil et porta son attention sur l'objet de la panique de son dernier sujet. Ah oui. Le mouton et le papier. Il devait s'agir d'un papier important. Quelque chose en rapport avec son familier, si elle avait bien suivi.

Une situation pas si inédite que ça, Skepna avait tendance à mâcher des papiers. Tous les papiers. Aussi, elle avait rapidement apprit à arracher l'une de ses proies à sa mâchoire d'acier. Laissant retomber l'appareil dans son sac, elle en tira son carnet à dessin et s'approcha du mouton, toujours d'un calme olympien. L'islandaise fit claquer sa langue sur son palais et assena un grand coup de carnet sur la tête du bovidé. Celui-ci recracha instantanément son repas en poussant un bêlement agacé. La jeune femme s’accroupit et ramassa le bout de papier couvert de bave pour le rendre à son juste propriétaire, une petite mimique peinée sur le visage.

Le mouton poussa un nouveau bêlement, et Síf roula des yeux en lui donnant un petit coup de genoux. Elle arracha l'une des feuilles du carnet à dessin et la tendit à Skepna qui s'empressa de la fourrer dans sa bouche. Reportant son attention sur son premier interlocuteur, l'Islandaise eu un soudain éclair de révélation en voyant le morceau de papier s'agiter dans les mains de ce dernier. Elle dressa un doigt pour lui indiquer d'attendre une seconde et enfonça une main dans son sac à la recherche d'un stylo. Une poignée de secondes plus tard, avec un air sincèrement désolé, elle retournait son carnet sur lequel il était gravé quelques mots à l'encre noire.

« Mes excuses.
Je suis Síf. Et il s'agit de Skepna.
 »

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Józsua Esterházy

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MessageSujet: Re: Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami Mar 25 Aoû - 14:48

Clac.

Józsua cligna des yeux. Il n'avait toujours pas de réaction appropriée. Il cligna des yeux une seconde fois. Son regard resta bloqué sur l'objectif gris et ses reflets irisés.

L'inconnue finit par rompre le silence inconfortable en abaissant l'objectif. Il eut le temps d'apercevoir deux prunelles vert clair avant qu'appareil photo soit remplacé par un bloc de papier qui décrivit un arc dans les airs et...

Clac.

Józsua partit en arrière, atterrit sur ses fesses et poussa un gémissement, non pas à l'égart de son postérieur, mais en constatant l'ampleur des dégats sur la pauvre feuille de papier étalée au sol. Sa condisciple eut l'obligeance de lui rendre son pauvre Csibe, qu'il prit entre ses doigts avec délicatesse, et entreprit de déplier et défroisser avec mille précautions.

Csibe n'était pas déchiré, l'irréparable avait été évité. Les endroits où le papier était écrasé et froissé, cela se réparerait de soi-meme rapidement. Le problème, c'était la bave. Il grimaça, tira un paquet de mouchoirs en papier de la poche de sa veste, et tamponna doucement un coin de papier qui avait commencé à boulocher. Csibe gémissait piteusement, tenta de s'excuser pour sa défaite. Józsua secoua la tete, lui sourit, et continua de tamponner doucement.

Un mouvement au coin de sa vision attira son attention. En temps ordinaire il n'aurait meme pas perçu ce genre d'input périphérique, mais étant donné les circonstances et la présence du danger laineux en proximité immédiate, il leva les yeux pour rencontrer un message inscrit à l'encre noire sur papier blanc.


« Mes excuses.
Je suis Síf. Et il s'agit de Skepna. »

Il jeta un coup d'oeil suspicieux au broyeur à papiers sur pattes, et reporta un regard non moins suspicieux au propriétaire de l'animal.

-Józsua. Csibe.

Ses yeux retournèrent surveiller les mouvements de ses mains sur le papier humide. Il resta silencieux un long moment. Il ne releva pas les yeux lorsqu'il reprit la parole.

-Tu devrais mieux surveiller ton mouton. Je suis pas le seul à avoir un familier fragile.

Et c'était plutot sa propre responsabilité de veiller sur la sécurité de son propre familier. Mais il garda cette pensée pour lui. Il pensa à Ivan et à sa faucheuse. On aurait pu croire qu'en voyant une araignée de 30cm de large, les gens devineraient qu'il s'agissait d'un familier et le laisseraient tranquille. Mais l'expérience tendait à montrer l'effet inverse.

L'humidité quittait peu à peu le papier abimé. Heureusement, le ciel était bleu. Il suffisait de laisser le soleil faire son effet. Il s'accroupit, face au grillage, tenant fermement le papier blanc entre ses doigts osseux, portant trois pansements colorés. Là seulement, sentant le vent, le soleil, et un peu moins de nervosité en provenance de Csibe, il se détendit et laissa son regard se perdre dans le ciel... avant de se reprendre juste à temps. L'intruse était toujours là. Son familier aussi. Il risqua un coup d'oeil.

Elle aussi, plongeait dans le ciel.

Ses lèvres bougèrent toutes seules.

-Toi aussi. Tu regardes.


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Síf Ásdóttir

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MessageSujet: Re: Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami Mar 25 Aoû - 20:56

Síf accueilli la réponse du jeune homme d'un hochement de tête vigoureux et d'un rapide sourire, sa façon à elle de répondre d'un « Enchantée », ou quelque chose du genre. Józsua. Lui aussi ne devait pas être originaire du pays. Information qu'elle aurait pu déduire de son apparence. Se balançant lentement d'avant en arrière, l'Islandaise observa « Józsua » tenter de réparer au mieux les dégâts causé par la sale habitude alimentaire du mouton. Un pincement de culpabilité lui serra le cœur devant la scène ; elle n'aurait jusqu'ici jamais imaginé qu'un morceau de papier pourrait se relever être un familier. Il lui restait décidément encore bien des choses à apprendre sur l’académie.

« Tu devrais mieux surveiller ton mouton. Je suis pas le seul à avoir un familier fragile. »

La jeune femme détourna les yeux, une moue mi-coupable, mi-boudeuse, passant sur son visage. D'accord. Skepna n'était pas très bien éduqué. Ses iris se posèrent sur le mouton, quelques mètres plus loin, qui continuait de mastiquer le papier à dessin d'un air absent. Vraiment pas très bien éduqué. Mais, hey, elle ne pouvait pas surveiller tout ce qui passait dans la gueule de la bestiole. Elle devrait y passer sa vie. Elle se promit toutefois de faire légèrement plus attention au bovidé et à quoi il occupait ses mâchoires à l'avenir.

Bien vite, l'attention de Síf se remit à vaciller. Sans qu'elle ne le réalise, ses mains tirèrent une nouvelle fois l'appareil photo de sa sacoche. Mais cette fois-ci, elle se ravisa avant de prendre un nouveau cliché du garçon en train de lisser son papier. Il semblait que ce soit passé la première fois, mais il ne fallait peut-être pas exagérer. Ce dernier se redressa alors, allant se coller au grillage entourant le toit, soumettant le fragile familier à la caresse du vent. Les prunelles vertes de Síf le suivirent avant de se perdre une nouvelle fois dans l'immensité bleutée qui les entourait. Un agréable silence enveloppa la jeune femme. Le silence. Un plaisir bien trop rare. On aurait dit que la plupart des gens, ceux qui pouvaient parler, ne parvenaient pas à l'apprécier à sa juste valeur.


« Toi aussi. Tu regardes. » souffla Józsua, si discrètement que ses paroles passèrent presque pour un zéphyr à l'oreille de l'Islandaise. D'un pas souple et silencieux, Síf parcouru les quelques mètres qui la séparait du grillage et glissa une main sur le métal froid, les yeux toujours perdus dans l'horizon. Un instant plus tard, la pointe de son stylo griffait une nouvelle fois le papier à dessin.

« Oui. J'observe.
Et je capture, aussi.
»

Pour ponctuer sa déclaration, elle agita son appareil sous les yeux de son interlocuteur, laissant filer un rapide sourire. À cet instant-là, un mouvement dans le coin de son champ de vision capta son attention. Sans se soucier le moins du monde de la réaction de Józsua, elle se retourna soudainement vers elle ciel, passant son carnet sous le bras, et braqua son objectif sur une nuée d'oiseaux se faufilant entre les nuages. Le clic caractéristique de l'appareil retenti quelques fois avant qu'elle ne le rabaisse au niveau de sa taille, le regard toujours égaré dans la contemplation du ciel, des nuages et de ses volatiles. Peut-être était-ce dû à une configuration particulière ou à son humeur du jour, mais les rayons solaires dansant entre les moutons célestes les bestioles ailées avaient quelque chose qu'elle trouvait particulièrement beau. Particulièrement captivant, cet après-midi là. Il lui fallu quelques secondes de plus pour s'arracher à leur attraction.

Elle cligna plusieurs fois des yeux en détaillant le visage du jeune homme, comme pour se rappeler d'où elle se trouvait, puis, glissa son appareil sur le coté et récupéra son carnet.

« Comment va-t-il ? »

Questionna-t-elle à l'aide de sa feuille, tout en indiquant de l'autre main la pauvre petite cocotte en papier encore entre les doigts du mage.

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Józsua Esterházy

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MessageSujet: Re: Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami Mer 26 Aoû - 11:10

Elle écrivit sur le papier. Sa graphie était précise, pointue, elle avait beau écrire vite, on pouvait détacher et comprendre chaque lettre.

« Oui. J'observe.
Et je capture, aussi. »

Ce fut seulement à ce moment-là que ses deux neurones se connectèrent et qu'il réalisa que la jeune fille ne parlait pas. Un vol d'oiseaux lui fit aussitot oublier sa découverte.

Vision. Il ne voulait pas se mettre complètement hors de portée et inquiéter Csibe.

Le sol défilait à toute allure. La cour pavée, les étudiants agités, le reflet du soleil dans les plumes de son voisin. Il prit de la hauteur, accéléra. Józsua grogna. Il s'éloignait trop, meme avec un seul sens la tension était trop forte. Il accéléra, dépassa, prit la tete de l'escadron.

Clac.

Józsua sursauta.

-Az istenit. souffla-t-il sans réel énervement. "Dommage" aurait été une bonne traduction si on avait voulu rendre la conversation appropriée pour Familles de France. C'était le problème avec les oiseaux. Ils avaient le ciel à leur portée. Si vite, si loin, si haut, même lorsqu'il en attrapait un, il était rare qu'il reste à portée de son pouvoir plus de quelques instants. Peut-être était-ce pour cela qu'il les aimait tant.

Quelque chose de clair s'agitait au bord de sa vision. Il tourna la tete, pour rencontrer à nouveau le carnet blanc.

« Comment va-t-il ? »

***

Le dévoreur n'était pas partie. Maitre-mouton n'était pas parti. Il songeait sérieusement à le renommer Suit-mouton. Sa maitrise n'avait pas encore été démontrée. Et les humains papotaient. Ils papotaient dos au danger. Quels enfants, quels inconscients. Si le dévoreur tentait de les avaler, il n'était pas certain de pouvoir y faire quelque chose. Son maitre se permit un plus grand manquement à la prudence en plongeant à nouveau. Ses yeux devinrent vides, ses mains se déserrèrent. Il fit de son mieux pour se serrer de lui-meme autour des pouces du maitre, pour éviter d'etre emporté par le premier coup de vent. Si le dévoreur attaquait en cet instant, serait-il capable de riposter sans son maitre pour le plier ? Peut-etre tendre le coin et viser les yeux ? C'était à tenter. Pour l'instant, il lui fallait seulement observer, tendu, pret à bondir au moindre geste suspect... Le maitre passa une main rassurante, presque une caresse. Qu'il ne s'inquiète pas. C'était son role à lui de le rassurer. En le protéger du danger laineux et baveux qui les menaçait...

***

Józsua passa une main le long du papier. Presque sec. Sa surface était intacte. Les marques de froissage commençaient déjà à se résorber. Il soupira.

-Tendu. Mais en bonne santé. Il... Les accidents, comme ça... On en a eut. Il est résistant. Enfin... pour du papier, quoi.

Il lissa son familier du bout des doigts. Contraste des pansements vert et bleu et du papier blanc. Les oiseaux avaient disparu.

Il lui sembla vaguement qu'il était supposé faire un peu la conversation.

Il haussa les épaules.

Il resta encore un long moment dans le silence, avant qu'un peu plus qu'une vague impression de conventions sociales ne le pousse à ouvrir la bouche.

-Tu as fait des photos dans le jardin ? C'est très... mh. Il y a... la neige. Un étang. Et, tu sais, les cerisiers japonais. Toujours roses. ... Beaucoup d'insectes. Parce que, les fleurs, mh, il y a beaucoup de fleurs. C'est... c'est très... tout ça.

Il soupira. Le rythme et la cohérence d'une conversation, ce n'était toujours pas ça. Mais il avait fait un effort honnete. Et puis le jardin des quatre saisons méritait la séance photo.

Il passa une main sur le papier blanc. Il était sec. Csibe était toujours tendu comme une toile. Il n'aimait pas etre déplié.

-Tu veux etre un avion ?

Il baissa les yeux, qui furent alors voilés par ses longs cils transparents, et ses doigts se mirent à travailler. Vitesse, rapidité, précision, en trois mouvements un avion d'écolier était monté. Ou il aurait pu l'etre, s'il n'avait été interrompu par un brusque gémissement. Józsua porta son index droit à sa bouche, et finit de plier son familier avec la main gauche. Il lança l'avion par-dessus le grillage, et observa son index, les sourcils froncés. Une petite coupure de papier, nette, superficielle, mais sur laquelle grossissait une large perle vermillion. Sur ses doigts osseux, sous sa peau transparente, les coupures sont fréquentes, et les veinules jamais loin. Il tira un mouchoir en papier de sa poche et serra son index avec force.

-Mh. Zut.

Pendant ce temps, Csibe avait fait demi-tour, et patrouillait de long en large face au grillage.

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Síf Ásdóttir

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MessageSujet: Re: Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami Mer 26 Aoû - 15:17

« Tendu. Mais en bonne santé. Il... Les accidents, comme ça... On en a eut. Il est résistant. Enfin... pour du papier, quoi. »

La remarque arracha rire silencieux à Síf. Elle observa les doigts constellés de pansements de couleur du jeune homme parcourir la feuille avec délicatesse et une dextérité certaine. Il semblait être habituer à manipuler le papier. Fan de pliages, peut-être ? Origami ? Elle se perdit quelques instants dans la contemplation. Si c'était le cas ; il pourrait être intéressant de le photographier pendant la pratique de son hobby. Síf était toujours à la recherche de nouveaux sujets. Elle s'attarda l'espace d'un instant sur le surprenant petit familier de papier. Qui aurait pu imaginer cela possible ? Elle s'était a de nombreuses reprises posé des questions sur l'origine des familiers, ce qui déterminait leur apparence. Pour Skepna, elle avait simplement supposé, au début, qu'ayant presque vu plus de moutons que d'humains au cours de sa vie, les choses s'étaient faites d'elle-même. Mais depuis elle avait vu nombre de familiers surprenant dans les couloirs de l’académie. Certains dont elle n'aurait même pas pu imaginer l'apparence. Ou qu'ils ne puissent prendre vie.

Comme une cocotte en papier, par exemple.

« Tu as fait des photos dans le jardin ? C'est très... mh. Il y a... la neige. Un étang. Et, tu sais, les cerisiers japonais. Toujours roses. ... Beaucoup d'insectes. Parce que, les fleurs, mh, il y a beaucoup de fleurs. C'est... c'est très... tout ça. »

La soudaine intervention de Józsua prit l'Islandaise de court. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il tente d'engager la conversation, encore plus de cette façon. La première impression n'avait pas été... La meilleure. D'ailleurs, vu le manque d'aisance du jeune homme, elle devinait que ce n'était peut-être pas un exercice auquel il avait l'habitude de s'adonner. Aussi, Síf lui répondit d'un sourire, glissant le carnet de coté pour fouiller une nouvelle fois dans son sac. Mais avant qu'elle n'ai eu le temps de mettre la main sur l'objet de ses recherches, Józsua était déjà reparti. Ses doigts se tordirent avec rapidité et agilité, déformant le papier, le pliant à sa volonté. Lorsqu'il eu termina, le petit Csibe s'était transformé en avion et Síf en était maintenant persuadée ; il pourrait faire un excellent sujet. Son attention s'attarda alors sur la perle rouge sur l'un des doigts du garçon. C'était donc de là qu'il tirait tous ses pansements.


Dans un bruissement, Síf tira un petit paquet de pansements de sa sacoche. Sa sale habitude de toujours se balader avec un nombre ahurissant de trucs en tout genre pouvait parfois se révéler utile. Elle l'envoya à son comparse en lui adressant un clin d’œil. Une fois le gros du saignement terminé, ça se révélerait plus efficace que le mouchoir qu'il s'échinait à maintenir contre la plaie. L'Islandaise se saisit de son carnet et fit danser la pointe de son stylo.

« Tu peux le garder. Je n'en ai pas besoin. »

Elle ponctua la phrase d'un sourire, avant de recommencer à écrire et d'ajouter.

« Et pour répondre à ta question de tout à l'heure... »

Arrachant rapidement la feuille à son regard, elle tira de son sac un dossier épais, débordant de photos. Toutes celles qu'elle n'avait pas encore eu le temps, le courage, de classer. Oh bien entendu à l'ère du numérique peu de gens s'encombraient encore de photos développées. Surtout pour se balader avec en fatras, comme ça. Mais c'était là un des petits plaisirs coupables de Síf. Rien de plus agréable que de tenir, de toucher une photographie pour vraiment la voir. La détailler. L'observer. Ensuite, elle gardait ses favorites et les classaient, dans des albums, des carnets. La jeune fille ouvrit l'épais dossier, qui semblait menacer de vomir tout son contenu sur le sol d'un instant à l'autre, et le tendit à Józsua, l'encourageant à s'en saisir d'un léger sourire accompagné d'un mouvement de tête.

Dedans s'emmêlaient dans un joyeux bazar des photos des jardins, des couloirs, des salles de classes, de la végétation de l'académie, sous des angles, lumières et couleurs parfois un peu étrange. Ça et là se détachaient aussi quelques vieilles photos de larges pâturages, de vertes forêts Islandaises et d'une vieille ferme. Sans le moindre commentaire, Síf abandonna ses « œuvres » aux mains du garçon, se contentant de laisser ses iris claires se perdre au milieu des vieux clichés. Avec la tendresse qu'elle aurait en détaillant de vieux amis. La journée avait été longue. La semaine, jusqu'ici, avait été longue. Cette petite pause ne lui faisait pas de mal.

Et sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, son esprit parti une nouvelle fois vagabonder dans ses souvenirs... Et la lumière et les couleurs, autour d'elle, à lentement s'altérer.

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Józsua Esterházy

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MessageSujet: Re: Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami Jeu 27 Aoû - 14:55

Une boite de pansements. Un sourire. Un carnet tendu.

« Tu peux le garder. Je n'en ai pas besoin. »

Il hocha la tete, et prit la boite entre ses doigts intacts, pour la poser entre eux deux. Il avait la cicatrisation difficile. Il devait encore tenir le mouchoir entre ses doigts.

Un classeur tendu. Il enroula son doigt fermement dans le mouchoir tâché, et accepta le classeur avec mille délicatesses. Prenant soin de ne pas l'entâcher, ni de laisser une photographie s'envoler, il tourna les pages glacées, laissa ses doigts glisser à un cheveu des instants figés, sans jamais les toucher. Jardins et couloirs, boucles de cheveux sombres, sourires genés. Moineaux.

Un sourire doux gagna son visage. Il effleura les images de moutons et de landes inconnues. Un coup de vent fit voltiger Csibe au-delà du grillage et s'emmeler leurs cheveux. Noisette gourmande, blanc glacé, deux peaux blanches contre le bleu du ciel.

Ses yeux vermillon s'étaient détachés de l'album photo, et l'index portant une fraiche coupure rose tenta de s'enrouler autour d'une illusion. Comme un ruban de fumée, à travers lequel tout paraissait un peu plus gris. Son doigt glissa contre l'illusion, sa main explora une tache de couleur, une étrange chaleur commença à l'englober. Il jeta un coup d'oeil curieux à la jeune fille.

Vision.

Son regard se perdait dans le lointain. Mais les rubans d'illusion glissaient aussi devant ses yeux, donnant au paysage d'étranges airs de coucher de soleil.

Il cligna des yeux, et vérifia avec Csibe. Celui-ci les surveillait toujours, bien sur, à une distance raisonnable. Le petit humain et la petite humaine étaient comme dans une bulle de chaleur qui déformait l'air et altérait les couleurs. Comme au coeur d'une photographie surexposée. Józsua murmura un acquiescement pour lui-meme et revint à lui.

La coupure au bout de son doigt semblait orangée.

Il ramassa la boite de pansements abandonnée au sol. Ils étaient blancs. Des ombres vertes y dansaient. Le pansement rejoint ses voisins bleus, jaunes et verts et la boite fut reposée silencieusement au sol. Il fit danser ses doigts devant ses yeux. Devant le grillage, devant le parc, devant de distantes collines qui peut-etre existaient ou peut-etre étaient un décors, le fond de cette dimension, de ce minuscule univers où, miraculeusement, un Hongrois qui savait voir la réalité avait rencontré une Islandaise qui savait la peindre.

Dans la poche de son pantalon, il avait une petite pochette en carton. Dans cette pochette en carton, il avait des feuilles soigneusement pliées en deux. Il en prit une, la lissa, et fit travailler ses doigts.


Csibe était venu se percher entre les rayons du grillage. Lorsque les mains de son maître s'arrêtèrent, et posèrent au sol le paon de papier, il plana entre ses mains et donna un petit coup insistant contre son pouce. Józsua produit un petit rire cristallin, déplia son familier et entreprit de reproduire le paon.

Les couleurs dansaient sur le papier blanc.

Il hésita. Certains le prenaient bien, certains le prenaient mal, mais il lui semblait essentiel, en cet instant, de le signaler.

-J'aime beaucoup ton pouvoir. Tes photos, aussi. C'est très beau.

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Síf Ásdóttir

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MessageSujet: Re: Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami Ven 28 Aoû - 22:51

Le regard  trouble dériva des photos pour aller se perdre dans les nuages ; Síf commençait à divaguer. Dans un état presque second, elle observa la teinte de l'océan bleuté se tordre et se modifier. L'espace d'un instant, la fatigue prit le dessus et ses paupières se refermèrent alors que la danse des couleurs s'intensifiait. La lumière effleura sa peau, se déversant sur elle comme une douche chaude. Elle se sentait bien. Comme lorsqu'elle parvenait à s'isoler dans sa chambre pour dérober quelques minutes au reste du monde. Ne plus avoir à se soucier des gens, de tout le reste. De se maintenir dans le bon spectre, la bonne luminosité, de ne pas concentrer les UV. En fait ; elle avait totalement oublié la présence de Józsua à ses cotés. Le garçon était discret, très discret. Et elle était bien trop vidée pour maintenir ses sens en place. Mais il n'y avait pas que ça.

Sa présence feutrée se calquait bien au rythme de l'Islandaise. Ils voguaient sur une onde similaire. Juste sous ses yeux, la lumière se tordit l'espace de quelques secondes pour faire apparaître une petite tache jaune-orangée recourbée. Semblable à une queue de renard ou de fennec. La tache commençait à prendre une teinte rougeoyante lorsque la voix de l'Hongrois la tira de ses rêveries.

« J'aime beaucoup ton pouvoir. Tes photos, aussi. C'est très beau. »

Síf se redressa brusquement, les couleurs autour d'elle se muèrent en teintes vives l'espace d'une seconde, puis la réalité reprit ses doigts. Elle s'était encore laissé embarquée par ses songes. Elle cligna des yeux plusieurs fois et adressa un faible sourire à son comparse, récupérant son carnet et son stylo elle lui adressa quelques mots.

« Merci. Pour les photos.
Pour mon pouvoir, il va falloir que j'apprenne réellement à faire plus attention ; si je ne veux pas que toute personne qui m'approche ne soit obligée de se badigeonner de lotion solaire à fort indice anti-UV.
»

Son regard se posa alors sur le petit paon. Ou plutôt les deux petits paons, en comptant Csibe, œuvres de Józsua. Un air mutin passa sur son visage et elle se pencha vers les deux pliages. Elle agita ses doigts - simplement pour un effet de style, le geste étant complètement inutile - et au prix de quelques secondes de concentration les couleurs se remirent à danser sur le papier. Les corps des deux oiseaux factices se teintèrent d'une couleur bleue criante tandis que les queues se colorèrent de nuances vertes et azures, à l'image de l'animal. Síf se redressa et lui lança un clin d’œil, maintenant l'effort. Le genre de petits tours qu'elle adorait faire. Parvenir à arracher quelques sourires à l'aide de son pouvoir l'aidait toujours à se rassurer sur la nature de celui-ci. Il n'était pas une malédiction. Ou en tout cas, pas que. Avec de la persévérance, elle pourrait réussir à en faire quelque chose de bien. Elle y croyait. Ou du moins voulait y croire.

Retournant à son carnet, elle griffonna quelques mots de plus. Elle n'avait aucune idée de si la question serait bien accueillie ou non. Mais au point où ils en étaient, elle doutait que le garçon ne s'en offusque vraiment.

« Et toi ? Hormis créer des mondes de papier, quel est... »
Elle s'était arrêtée l'espace d'un instant, suspendant sa mine dans le vide, réfléchissant à quel mot employer.
« Quel est ton talent ? »

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Józsua Esterházy

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MessageSujet: Re: Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami Sam 5 Sep - 18:35


Síf et lui se ressemblaient beaucoup. C'était une certitude. Lorsqu'il ouvrit la bouche, lorsqu'elle sursauta, que ses yeux retrouvèrent brusquement leur focus, il cru presque voir son reflet. C'était le même sursaut, le même retour à la réalité, lorsqu'on le surprenait au milieu du monde des plantes et des insectes. A ceci près qu'il ne réintégrait pas l'instant présent dans un flash de lumière blanche. Il cligna plusieurs fois des yeux pour chasser les taches grises qui s'étaient formées sur ses rétines sensibles.

Elle reprit le stylo. Il attendit poliment les quelques instants nécessaires pour écrire ses pensées. Il n'était pas pressé.

Ils avaient tout le temps du monde.

« Merci. Pour les photos.
Pour mon pouvoir, il va falloir que j'apprenne réellement à faire plus attention ; si je ne veux pas que toute personne qui m'approche ne soit obligée de se badigeonner de lotion solaire à fort indice anti-UV. »

-Oh.

Inutilement, il tira sur les manches de sa chemise pour recouvrir le dessus de ses mains. Mais le tissu était fin comme sa peau était blanche. Sans doute, elle brûlerait.

Demain.

Il s'en souciera demain.

Car les couleurs dansaient sur le papier, et Csibe dansait dans la lumière, et baignant dans la chaleur de l'après-midi, ils échangèrent un sourire.

Ils étaient bien.

Combien de temps s'écoula ainsi ? Sans doute moins qu'il le pensait. Au-dessous d'eux, les élèves riaient, jouaient, papotaient, criaient.

Il entendit le stylo gratter sur le papier.

« Et toi ? Hormis créer des mondes de papier, quel est... »

Il prit le temps de remarquer comme elle pouvait exprimer toutes sortes d'accents de la voix avec les mouvements de son stylo. Hésiter, rayer, accélérer...

« Quel est ton talent ? »

-Euh... mmmh...

Il soupira. Comment expliquer ? Comment raconter ? Le hululement des chouettes, le bruit d'un battement d'ailes, l'odeur entêtante des jonquilles, le goût piquant des phéromones sur ses antennes...

-C'est... Les... les autres. Les gens, et, et les animaux et aussi, les plantes, mais... Les plantes sont étranges, elles ne sentent pas comme nous la lumière du soleil et la force du vent, donc... Attends. Euh...

Il se frotta la tête, emmêla ses cheveux pour démêler ses idées.

-Tu vois, tes yeux, tes oreilles, et le reste, je peux les prendre... Enfin, non. Ce que ça fait, c'est que, s'il y avait par exemple une abeille derrière toi et que tu mettais ta main dans ton dos, pour, tu sais, faire un chiffre que je dois deviner. Ben je pourrais... Attends, non, les abeilles voient pas bien ça. Un oiseau. Il faudrait un oiseau.

Il leva les yeux vers le ciel. Bleu. Immaculé. Vide.

-...Mais on n'a pas d'oiseau...

Son regard se baissa. Et ses yeux rencontrèrent ceux de Síf.

Sa tête pencha un peu sur le côté. Ses yeux devinrent vitreux, et son regard glissa lentement vers le sol. Ses lèvres s'écartèrent.

-Là, je me vois. Parce que tu me regardes. Et je peux faire pareil pour l'ouïe, et, euh... le reste. ... Voilà.

Il vit que sa tête continuait à pencher, et la redressa un peu. Ce n'était pas souvent qu'il avait l'occasion de se voir ainsi. Il avait presque oublié à quel point l'utilisation de son pouvoir lui donnait un air stupide.

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MessageSujet: Re: Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami

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Un mouton, un papier, et l'art subtil de l'origami

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