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 Life goes on, even after death ... [Aaz]

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MessageSujet: Life goes on, even after death ... [Aaz] Ven 30 Mai - 15:44


Echappée silencieuse ...




« C'est une belle soirée pour ... »


Mon regard était vide. Je n'étais plus à Tadakai. Je n'étais plus non plus à Nara, et encore moins à Hybriland. J'étais partie, sans prévenir. Les élèves devaient sûrement être heureux de ne pas avoir cours en ce moment. Quoi qu'avec les examens, cela leur faisait plus de temps pour réviser. L'avantage avec ma matière,c'est que je n'avais aucun exercice à leur faire passer. La notation pour leur fin d'année n'était que leur progression tout au long de l'année, reportée sur leur bulletin. Je n'avais donc pas à me soucier de ça, j'avais fait mon travail envers ces gosses. J'avais fui mon lieu d'accueil, ma nouvelle maison, mes colocataires, mes rares amis, la directrice, tout le monde depuis cinq jours déjà.


« Tu me fais mal. »


Ma voix était faible et sans âme, dirigée contre mon bras noir tatoué de cette marque maudite. Je n'avais même plus la force, ni l'envie de m'enfoncer mes ongles dedans. Non, je ne voulais pas voir couler ce sang maudit qu'était le mien. Pourquoi avais-je été si imprudente et tête brûlée depuis toujours ? Pourquoi étais-je devenue celle que je suis ? A quoi est-ce que je m'attendais, en usant encore et encore mes forces, jour après jour ? Oh bien sûr, j'ai toujours su ce qui m'attendait. Ce n'est un secret pour personne, tout le monde doit passer par là. Mais voilà, j'ai toujours pensé être prête, avoir accepté mon destin. Je me croyais invincible et téméraire. Je me trompais. Je me recroquevillai, assise sur ma butte d'herbe, loin de Nara, seule dans la nuit étoilée. Mes bras resserrèrent mon étreinte autour de mes tibias, rapprochant mes jambes de ma tête, baissée.


« Je crois que … j'ai peur ... »


Mikhail … Je t'avais hurlé dessus pour que tu ne me suives pas. Et comme toujours, tu as obéi malgré mes cris après toi. Tu as toujours su me supporter et m'apprécier pour qui j'étais. Et même si j'ai toujours paru te dénigrer et me moquer de toi … Eh bien, sache que malgré tout, tu comptes pour moi. Et que … Je suis désolée. Tu n'entendras jamais ces mots, je le sais. De toute façon, je suis trop stupide et orgueilleuse pour te le dire. J'ai préféré la lâcheté plutôt que de faire face. Mais je n'ai pas envie que toi, ni les autres vous souffriez de ce qui va bientôt arriver. Je n'étais pas prête à affronter ça. Je ne voulais pas vous rendre la tâche plus difficile. Je voulais m'en aller dans le silence de la nuit, sentir la caresse du vent sur ma joue, passer à travers mes cheveux, comme un geste maternel le ferait. Entendre encore une fois les oiseaux chanter dans la nuit, les grillons faire leur musique. Sentir le froid m'envelopper comme une couverture apaisante.


« Nnh ... »


Mon bras. Mon tatouage. Ils s'agitaient. J'avais horriblement mal. Ma tête se releva et mon œil valide se posa sur l'objet de ma souffrance physique. La zone noircie par mon sang maudit s'agitait seule. Ma peau se coupait d'elle-même. Des épines de sang me transperçaient de part en part mon bras. Mes os craquaient sous ce traitement, mes nerfs me transmettaient leur propre douleur, me rappelant incessamment depuis des années mon sort et ma malédiction. J'avais envie de hurler, mais  je ne le fis pas. Je n'avais pas assez de forces pour ça de toute façon. Ni l'envie. Je ne voulais pas perturber la tranquillité de cet endroit. Je serrai les mâchoires, endurant ce traitement digne des plus grands tortionnaires moyenâgeux. Mon bras s'apaisait petit à petit. Visiblement, ce ne serait pas ce soir non plus … Mais ça devenait de plus en plus violent. Haletante suite à cet effort de volonté et d'endurance physique importante, je me rassis, les jambes dans le vide, fixant l'horizon.


Pas un arbre ne me bouchait la vue, malgré le fait que j'étais dans une petite forêt. J'étais à son orée, sur un petit promontoire rocheux, sur lequel poussait de l'herbe verte et quelques fleurs. Au loin, on pouvait voir Nara. Et à Nara … Tadakai. Mon absence n'était sûrement pas passée inaperçue, après cinq jours. Je me demandais si Ami avait envoyé quelqu'un. Ou si quelqu'un s'était lancé à ma recherche de lui-même. Je soupirai longuement. Je ne me reconnaissais plus. J'en étais arrivée au point de douter de qui j'étais vraiment. Etait-ce la vraie Zero, enfouie tout au fond de moi-même, qui s'exprimait ? Une Zero fragile et blessée ? Une Zero plus douce que celle que j'étais d'habitude ? Ou bien n'était-ce qu'un concours de circonstances, et que les regrets me dévoraient ? Oh oui, des regrets, j'en avais … J'aurais tellement voulu … Rah, c'est stupide. Stupide, mais réel. J'aurais voulu connaître l'amour. J'aurais voulu qu'on s'occupe de moi. Qu'on comble ce gouffre abyssal affectif qui me ronge depuis toujours, moi, l'enfant maudite. J'aurais voulu de l'affection sincère, et non de la pitié.


Ma tête s'abaissa de nouveau, des larmes embuèrent mes yeux. Je fixais une petite fleur, qui semblait me regarder, tout près de ma main. Un fleur qui ressemblait à celle que j'avais à la place de mon autre œil. Un courant d'air la fit toucher mes doigts « humains », bien en chair. Une douce caresse, comme pour me réconforter. Ma volonté céda, et les larmes coulèrent. Longtemps. Sans aucun sanglot. Les pensées les plus sombres m'envahissaient. Je me relevais mécaniquement, non sans quelques difficultés. Je fixais le vide d'un air absent. Je ne savais plus quelle heure il était à présent. Je ne savais pas combien de temps j'avais passé à pleurer. J'étais perdue, totalement, corps et âme. Le vide s'offrait à moi. L'espace d'un instant, j'eus envie de m'y laisser plonger. Mais je ne le fis pas, pour deux raisons. La première, c'est que j'étais comme paralysée. C'était une sensation étrange. La deuxième, c'est que je sentais une présence dans mon dos, à quelques mètres d'ici. Immobile. Un animal sauvage ? Un loup peut-être …


… Non. Finalement, quelqu'un était bien venu me chercher. Quelqu'un que je connaissais bien. La seule personne qui aurait pu me retrouver.



« Aazzlaaroth. »


C'est le seul murmure qui franchit mes lèvres. Je ne m'étais pas retournée. Je fixais toujours le vide. Pourquoi était-il là ? Question stupide, Zero … Il venait te chercher. Venait-il de son plein gré, ou bien était-ce Ami qui l'envoyait ? Ma tête se releva doucement, fixant l'horizon, puis les étoiles. Le vent soulevait mes cheveux et les berçait doucement. Ma voix, toujours fragile, prit un peu plus de force.


« C'est une belle soirée ... pour mourir, hein ... »


Il le savait. C'était l'un des seuls à être au courant. Il savait que j'allais mourir, à cause de mon pouvoir. Et ce, très bientôt. Bien plus tôt que ce que j'avais prévu. En disant ces quelques mots, j'étais sûre qu'il comprendrait ce que je voulais sous-entendre. Il m'avait toujours comprise, après tout. Un silence s'installa, avant que je ne me décide faire quelques pas en arrière, pour m'asseoir de nouveau, les jambes dans le vide, lui laissant de la place à côté de moi s'il souhaitait venir. Quelque part, au fond de moi, j'étais contente que quelqu'un soit venu pour moi. Au moins une personne. Je savais que Mikhail serait venu, mais il savait les risques qu'il encourait à venir ici. Il devait mourir d'inquiétude.


« Mik' tient le choc ? Il a un cœur trop tendre pour supporter mon sort. »


Mon familier … J'espère que lorsque je serais partie, on s'occupera bien de toi. Mieux que je ne l'ai fait, en tout cas ...

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MessageSujet: Re: Life goes on, even after death ... [Aaz] Lun 2 Juin - 14:02


Thine sorrow galaxy





HRP:
 
On avait beau dire, la vie était l’une des plus belles choses au monde. Et ce qui est beau est généralement extrêmement chiant. La preuve en est, en moins de deux semaines, j’allais secourir deux princesses en détresse. La première, ce fut Isalynn, à qui j’ai proposé un poste d’assistante pour pouvoir veiller sur elle et m’assurer qu’elle ne fera pas trop joujou avec son nouveau pouvoir, et la deuxième, si on m’avait dit que ça serait elle… J’en ris encore.

J’avançais dans la nuit, ma longue cape drapant mon corps, filant droit, tel une balle droit vers toi. Les ombres me murmurent où tu te caches, et tu sais que j’arrive, j’en suis sûr, ce n’est qu’une question de temps avant que la chasse ne se termine. Je suis un prédateur, mais aujourd’hui je serais ton sauveur. On a sauvé Stan, je viens te sauver, en fait je suis votre papa à vous aussi. Même dans le commando, je suis un super-héros.
Les ombres des arbres semblaient m’éviter elles-aussi. J’avais l’impression que ma magie prenait une forme assez étrange en ce moment. Des fois je sentais comme une aura souillée s’émaner de moi. J’ai toujours ressenti ça, mais cette fois, ça devenait quelque chose de tellement plus puissant, presque physique, flétrissant les plantes, nécrosant les animaux et me donnant des pulsions toutes plus sordides les unes que les autres.

Eh oui… Moi aussi il m’arrivait un truc pas net. Mais je m’en foutais, enfin comme d’habitude quoi, le jour où ma nouvelle magie se déchaînerait, si la moitié du pensionnat devait partir en poussière, je m’en foutrais, je prendrais mes affaires et je changerais d’endroit. Ce que j’ai toujours fait en somme.

No remorse, i am the redeemer.

Zero… Pourquoi es-tu partie ? Tu m’obliges à venir te chercher dans ce trou paumé, nonobstant mon envie de dormir. Des fois, j’aimerais que les filles se mettent à penser, elles sont censées avoir un cerveau, ça doit bien leur servir à autre chose qu’à s’acheter des fringues quand même. Et Miss pot de fleur a décidé de faire la même chose qu’Isalynn deux semaines auparavant, fuir héroïquement, m’inquiéter et se comporter comme une … Une conne, y a pas d’autres mots. Et comme je sais qu’en arrivant, je vais me prendre un ultra-monologue tragique et cinglant, j’en baillais d’avance. Manquerait plus que je sois dans le désert et que Zero se soit teint les cheveux en blond. Pourquoi ma vie est un éternel recommencement bordel ?

Tout en ruminant ma vie de prof de sciences occultes super héros qui protège de tout et qui rend invisible, je continuais d’avancer dans ces terres qui n’étaient que fange à perte de vue. Je savais déjà pourquoi tu étais partie Zero. J’avais remarqué la marque sur ton bras, les cris de douleur dans la nuit, ton ombre qui envoyait des signaux de détresse. Une question de temps je le redis. Je savais déjà que ça arriverait, j’ai donc prit l’initiative de me lier à ton ombre, histoire de pouvoir te pister au besoin. Et là où c’est marrant c’est que j’ai eu raison, encore une fois, le vieux Finnegan est un prophète, je devrais ériger une religion, on fera une église en pain d’épice dans la cour. Je serais la sorcière, vous serez mes Hansel et Gretel.

Après tout, on m’a pas encore collé la rumeur d’anthropophagie sur le dos, mais ça va pas tarder je pense.
Tiens, puisqu’on parle de chair humaine, je te vois Zero, prostrée sur ton arbre, terrifiée par la mort comme une enfant qui sait qu’elle devrait vivre. La vie est injuste. Ma cigarette porte son odeur comme un valet annonçant mon arrivée, le vent soulevant ma cape, je glisse ma silhouette sans un bruit. Et dans un murmure, j’entends mon nom, échappé, sans te retourner, dans un demi-sanglot. Qu’est ce qui t’as pris Zero …


_Tu savais très bien que c’était moi qui viendrais. Sèche-moi ces larmes, ça te ressemble pas d’être dans des états pareils.

J’avais pris le temps de m’approcher et de m’asseoir près d’elle. Petite fleur en train de se faner était triste, mais il ne faut pas oublier une chose. C’est que l’on est responsable. Pas de ce qui nous arrive, mais de comment ça nous atteint. Des fois Zero tu m’interroges, je me demande quel type d’être humain tu es. Tu te la joues mur de Berlin, mais tu n’es qu’un château de cartes. Et tu me dis que c’est une belle soirée pour mourir ? T’as rien compris au film on dirait.

_T’en dis des conneries ce soir, c’est pas en sautant du haut de cette falaise que tu changeras quoi que ce soit. Une fois morte, t’es même pas sûre d’aller mieux après. Alors si tu veux mourir, fais ça comme une grande et laisse la malédiction avoir ta peau. Si tu as le malheur de sauter, attends-toi à ce que je te ramène au pensionnat enfermée dans un filet de pêche.


J’éclatais de rire en imaginant la scène. En soi, c’était toujours drôle de nous voir nous mettre dans des situations pas possibles. Et la façon dont nous résolvions ces situations était généralement assez… Enfin on savait que c’était Aazz et Zero qui avaient fait ça. Je me rallume une cigarette avant de tendre un mouchoir à la Miss, j'étais un peu abrupt, mais pas malveillant avec elle pour autant.

_Tu renifles, c’est chiant. Ah, et Mik va bien, il est avec Maze. Dans la théorie ils devraient être bons potes. Tu sais Zero, ça ne te ressemble pas de t’apitoyer sur ton sort comme ça. Quelque part, ça me laisse perplexe de voir que tu souffres autant. En fait tu es comme tout le monde, quand vient le temps, les angoisses se réveillent, et c’est bien normal.

J’avais mis dans ses mains une barre de chocolat. On était les deux, à regarder le paysage, les jambes dans le vide, seuls. Ça aurait été le cadre idéal pour un rencard si je ne venais pas d’empêcher une tentative de suicide et si la miss n’était pas axée pelouse. Ouais, ça me rend vert, une bout de femme super sexy comme ça avec une date de péremption, et en plus qui n’aime pas les hommes, Dieu est un cynique, c’est clair. Fin bref, de toute façons ça ne me concerne pas, je ne ressens de base pas grand-chose pour qui que ce soit.

_Sèches tes larmes, c’est fini maintenant, je suis là, tu n’es plus seule, on va trouver une solution.

J’avais quand même l’art d’infantiliser et minimiser les choses, ça devait venir de mon côté sociopathe incapable de ressentir quoique ce soit. J’étais l’archétype même du type qui sème la désolation parce qu’il ne ressent que ça. Pourtant, parfois y a l’instinct qui se réveille et qui me fait avoir des réactions moins mécaniques.

_Je refuse de te voir dans cet état. Dans ma vie riche en expériences, j’ai appris deux choses. La première c’est qu’on peut fuir la réalité, elle nous rattrapera toujours. La deuxième c’est que ce n’est pas en attendant que les choses se passent que ça s’arrange. Tu veux vivre ? Alors on va trouver un moyen.

C’était du Finnegan tout craché, dès que j’ai moyen de me battre je le fais. Pourquoi je faisais ça ? Parce que je fais ce que je veux, tout simplement, et que personne n’a à me dicter ma conduite. Je me rallume une cigarette, et je redonne du chocolat à Zero.

_Arrête de pleurer, tu vas te froisser le pétunia. Les filles c’est plus jolies quand ça sourit. Alors, prête à te battre pour vivre Zero ?
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MessageSujet: Re: Life goes on, even after death ... [Aaz] Lun 2 Juin - 22:58


L'espoir, un luxe qui coûte cher.




Il était venu s'installer à côté de moi. La seule personne assez malsaine d'esprit pour venir à ma poursuite. Effectivement, je me doutais que tu viendrais. Au moins un peu, quelque part, au fond de moi. Tu ne t'attachais pas vraiment aux gens, mais ceux qui te semblaient important, t'étais là pour eux. C'est ça dont j'avais besoin. Des amis, des vrais. Et j'en avais si peu … Au final, j'aurais plutôt peut-être dû me concentrer sur ça ? Je n'en serais pas là aujourd'hui, ça c'était clair. Je n'avais au final qu'Aazzlaaroth, Mikhail … Et Stan. Même cet ivrogne, au fond, je l'aimais bien. Heureusement qu'il ne 'entend pas penser ça, sinon, j'en aurais pour l'éternité. Il me bassinerait sans arrêt, et je finirais par lui enfoncer mon poing tellement fort dans la mâchoire qu'il sera le premier homme satellisé dans l'espace sans l'aide d'une fusée. C'était un sacré emmerdeur ce Stan, mais il était marrant … au fond … tout au fond.


Sécher mes larmes … J'aimerais bien. Plus j'entendais ces mots, plus je me les répétais en tête, et plus ils avaient l'effet inverse que celui voulu. Je pleurais de plus en plus fort. La vie est injuste., oui. Mais la mort, elle, était équitable. La même chose pour tous. Oh, je ne pensais pas sérieusement à me jeter dans le vide. Ca ne me ressemblait pas. L'image du filet de pêche me tira un très, très léger sourire sur le visage. Un petit rire en même temps qu'une quinte de toux me fit monter … ben … la morve au nez. Ouais, c'est pas franchement classe mais qu'est-ce que j'y pouvais, hein ? Par chance, Aaz me tendit un mouchoir. Je l'utilisais jusqu'à l'épuisement afin de vider mes narines plutôt que de me sécher le visage, qui devait être plutôt salé maintenant. Il m'informa également de l'état de Mikhail. Au moins il n'était pas tout seul et il ne ferait pas la connerie de sortir de Tadakai pour essayer de me trouver … Et s'il était avec Maze, le familier d'Aaz, ça devrait aller. Il lui en faut peu pour l'occuper … Je fixais de nouveau l'horizon lointain, parsemé d'étoiles. J'aimais me plaire à rêver, parfois, que le jour où je m'en irais, je les rejoindrais. Un léger blanc s'était installé, avant que mon compagnon du Commando, comme on aimait à l'appeler, ne reprenne.


Bien sûr que ça ne me ressemblait pas. Depuis toute petite on m'a poussée à me forger ce caractère de merde qui fait fuir les gens. J'étais devenue prisonnière de ce que j'étais depuis bien longtemps. Mais jen 'ai jamais voulu être comme ça. Je n'ai jamais demandé rien de plus qu'être comme tous les autres mages. Heureuse, insouciante, vivante. Maintenant, c'était trop tard. La vraie Zero est restée emprisonnée trop longtemps : elle s'est fusionnée avec la fausse. J'étais devenue un tout avec le temps. Une Zero de fer, au cœur tendre mais protégé par une barrière de glace, de barbelés, de tourelles automatiques et autres types de défense ultra-sophistiqués. Seulement, voilà, aujourd'hui, ces deux êtres s'étaient dissociés. Et là, c'était la Zero jeune et insouciante qui avait apparu. La petite fille que je fus. Apeurée, seule et blessée. Je serrais dans ma main la barre chocolatée qu'y avait placée mon ami. J'étais quand même contente, et légèrement plus calme maintenant qu'il était là. Que j'avais un soutien. Cette pensée, combinée à mes nerfs à fleur de peau, sans jeu de mots, me fit produire encore des larmes. Eh merde. Je m'essuyais stupidement le visage avec mon bras noir, tâché de sang. Je m'en suis foutue de partout … Bravo, Zero. Championne. Trouver une solution …



« Une solution ? J'aimerais qu'il y en ait une. J'ai passé des années de ma vie à chercher l'origine de mon pouvoir. Trouver un moyen d'y parvenir. Ah maintenant c'est sûr, je connais tout du passé de l'omnisang … Mais y'a pas de moyen de s'en débarrasser. Je sais plus si je t'ai raconté, pour mon œil. Quand je l'ai arraché de mes propres mains et jeté aux rapaces, la marque s'est instantanément déplacée dans mon bras et l'a transformé en … Cette chose noire et froide, pourvue de griffes. Plus j'essaie de redevenir normale, et moins je suis humaine. Je suis juste condamnée, comme si j'avais le cancer ou une autre connerie du genre. J'aurais jamais sauté dans le vide. Mais quand je pense à ce qui m'attend … Tu sais que ce sera horriblement douloureux et intenable. Pire que les supplices qu'on inflige en Enfer. Chaque parcelle de ma peau tranchée, percée, déchiquetée, chaque particule de calcium de mes os, brisés, chaque sensation transmise. Et ça durera des heures et des heures, jusqu'à ce qu'il ne reste pus qu'une mare de sang sur les vingt mètres autour de moi. C'est pour ça que j'ai fui. Les gosses n'ont pas besoin de voir ça. Mikhail non plus. Ni Stan, ni même toi. Et ne proteste pas en me disant un truc du genre que tu ne ressens rien. Si t'es là pour moi, si tu t'es cassé le cul à venir jusque là, à m'avoir probablement traquée depuis un moment sans que je ne sache comment, c'est qu'au final, au moins très profondément, t'en as un minimum quelque chose à faire. Consciemment ou pas. »


Je grignotais le chocolat, essuyant de nouveau les quelques larmes restantes qui perlaient sur mes joues, emportant du sang avec elles. Au moins, pour ça, c'était pratique de pleurer. Mais au moment où je commençais à sérieusement me calmer, ses mots me touchèrent droit au cœur. C'était chaleureux, et sincère. Du moins, c'est comme ça que je le ressentais. Et allez, Zero la madeleine … La dame de fer en moi me trouvait pathétique et minable en cet instant.Et quoi ? Après j'allais pleurer devant un feuilleton à l'eau de rose ? Beurk. Cette vision me fit frissonner. Horreur et damnation. Plutôt mourir maintenant que de vivre ça … Voyant que j'avais terminé ma barre chocolatée, il m'en donna une autre, et s'en grilla une, comme d'habitude. Est-ce que j'étais prête à me battre ? Me battre pour quoi ? Trouver un moyen de m'en sortir ? Arrêter le temps, pour mourir plus en douceur ? Ma tête se baissa. Je contemplais la sucrerie de nouveau, profondément atteinte de mélancolie. Un très long soupir s'échappa de mes lèvres.


« Est-ce que t'as seulement l'ombre d'une idée, sans mauvais jeu de mots, sur une possible piste pour me sauver ? C'est bien beau de se battre, mais si c'est dans le vent, pour une raison qui n'existe pas, qui n'est que du flan … Je sais pas si ça en vaut la peine. Je veux croire qu'il existe quelque chose pour me sortir de là, mais pas si c'est irréel, et qu'au moment de ma mort, je regrette de ne pas l'avoir trouvé. »


Un silence pesant s'installa pendant quelques instants. Combien de temps, je ne saurais le dire. J'étais perdue dans mes pensées. Je revivais certains moments de ma vie. Mon pouvoir, ma peine, ma douleur, mes rares joies … D'autres souvenirs également. Récents ou non. Je suppose qu'Alecto et Kintaro allaient être contents d'avoir le studio pour eux seuls. Je me demandais aussi ce qu'allait devenir Mikhail, sans moi. Allait-il devenir fou, comme les familiers rejetés ? Ou s'en sortirait-il comme un grand ? Il était encore jeune et il en avait la mentalité. J'avais l'impression de le materner parfois. Mon plus grand regret sera, je pense, ne pas lui avoir dit qu'il était important pour moi. Et que c'était un ami. Le désespoir m'envahit, et me fit faire une chose très inattendue.Dans un geste brusque, j'enlaçais Aaz. Je le serrais fort – enfin, tout est relatif, vu ma constitution et ma fatigue actuelle – contre moi, sanglotant un peu de nouveau. Des sanglots de courte durée. J'étais épuisée, autant physiquement que moralement. Finalement, je le relâchai. Essuyant une nouvelle fois les larmes, j'essayai de prendre un ton assuré.


« Si t'as une piste … Je veux bien essayer de me battre. »


L'espoir … C'était un luxe qui me coûterait très cher si je me le payais maintenant, mais qu'au final, il n'y en avait pas. Si tout cela n'était qu'illusion, lorsqu'elles se briseront, c'est moi qu'elles frapperont de plein fouet. Et ma mort n'en sera que terriblement plus pénible ...

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MessageSujet: Re: Life goes on, even after death ... [Aaz] Mar 3 Juin - 2:28


Renaissance claire-obscure


On en était là tous les deux, à regarder le lointain, seuls dans la nuit. Tout comme nous étions deux âmes égarées, malmenées par la vie et dans un combat permanent pour cette merde qu’on appelait la vie. Etrange venant de moi n’est-ce pas ? Cet espèce de grande loque narcissique et tourné vers lui-même qui se décide à aller vers un autre être humain. Mais je suis comme ça, je n’aime que ceux qui sont cassés, comme moi. Je me rappelle des réactions de ceux qui connaissaient mon secret. C’est une chose assez… Terrible.

La terreur, le dégoût, la répugnance… Je ne provoque que de mauvaises réactions. Mais toi Zero, tu es différente. Tu es une petite chose fragile, terrifiée par ce que je connais bien : la mort. C’est étrange, j’ai déjà pris la vie. Je suis sûr que toi aussi tu as déjà dépassé pas mal de limites, mais se retrouver face à sa propre finitude, sa propre vanité, ça doit faire un choc.

Et toi tu es là, Zero, ma collègue, mon amie, mon soutien, au bord du gouffre, engluée dans ton propre désespoir. Tu ne sais pas ce que ça peut faire. Mais tu ne veux pas savoir, toi qui a fui la mort, tu l’as mise en pétard, et maintenant elle est revenue à la charge, toutes faux dehors, et c’est toi qu’elle veut. C’est tenace, la mort, ça finit toujours par gagner. Et nous, on est là, à se débattre contre cet ennemi invisible, qui nous terrassera toujours. Je ne le dis pas, mais j’ai mal au cœur de te voir comme ça. Tu pleures, toi, petite fleur, qui se débat à l’ombre des arbres, incapable de synthétiser la lumière du soleil. Tu tousses, renifles et sanglotes, chantant ton désespoir à mes oreilles, résignée. Que dire de plus ?

Tu magnifies le désespoir Zero, tu le rends beau, mais j’aurais préféré ne jamais avoir à le constater. C’est ça qui m’attriste dans tout ça. Eh oui, moi aussi j’ai des émotions, superficielles, certes, mais j’en ai. Je me rallume une cigarette, tiré de mes pensées par le geste de Pétunia. Sans crier gare, elle me serra dans ses bras, répandant détresse, affection, larmes et morve sur un pan de ma cape.

_Hé... Ca va aller, tu n'es plus seule maintenant. Je suis là.


Je posai ma main dans ses cheveux, encore un peu sur le coup. Je le savais, qu’avant de mourir tu voulais savoir ce qu’était un vrai mec. Et t’as choisi le meilleur, à moins que ça soit mon parfum qui te fasse cet effet. Trèves de plaisanteries intérieures, tu as peur, et c’est humain. Trop humain. Ne t’en fais pas. J’ai peut-être une idée, mais je ne sais pas si ça pourrait marcher…

_Quand on a le cancer Zero, c’est le corps qui produit des cellules anormales. On retire les cellules anormales, avec une chimio et des rayons. Dans ton cas, on doit retirer la malédiction et purifier ton sang pour éviter qu’elle ne revienne. Je connais peu de choses capables de le faire. D’abord il y a mes larmes. Elles peuvent tout guérir. Mais je ne pleure jamais. C’est con hein ? Ha ha !

Je plaisantais sur le sujet, mais la réalité était que j’affichais un visage grave, concentré sur ma cigarette et sur Zero sous mon bras. Car oui, j’avais gardé ma main sur son épaule après le calin gratuit. Je réfléchissais à une solution. Si il n’y a pas de solution il n’y a pas de problèmes, et je savais par expérience qu’on pouvait toujours se battre pour quelque chose. Même pour de la merde.

_Les seules choses qui peuvent soigner n’importe quoi sont la panacée, dont la recette a disparu y a des éons, soit la pierre philosophale, et ça par contre je n’en ai pas vraiment trouvé trace. On raconte qu’elle serait quelque part en Jordanie… Mais tu sais, ce genre de rumeurs sont souvent des pièges à cons. Faudrait voir avec Alecto à la limite. Mais c’est une piste. J’ai pas de rituels pour soigner, alors à part ça…

Je turbinais quand même pas mal. J’étais persuadé qu’il y avait une solution et que la pierre philosophale allait jouer un rôle. Mais en créer ? Impossible. La trouver ? Dur mais faisable. Par contre, on allait devoir se bouger le popotin. La pauvre Zero était en miettes et n’allait pas tarder à finir liquide à ce rythme. Mais même si j’étais un monstre, je restais encore un humain. Human… All too fucking human… Et dans ce maelström, j’avais décidé, ce soir, que Zero ne mourrait pas. Je ne sais pas, je n’en avais pas envie.

_Zero… Quand on rentrera au pensionnat, je partirais quelques temps. Je chercherais cette pierre. Donne-moi un deux semaines maximum. Mais je te trouverais un moyen de voir chaque matin se lever.


Je m’étais levé. Pas d’effet dramatique, j’étais juste très mal installé et mes fesses me faisaient mal. Mais j’étais sincère dans mon propos. Ca faisait longtemps que je n’avais pas chassé la relique. Et du coup, l’appel de mon ancienne vie était comme un vent de liberté irrésistible.

_Si tu me demandes pourquoi je tiens à t’aider, je te répondrais que je n’ai pas de raisons de me battre pour quelqu’un. Je vois juste des gens dans le besoin, et moi qui peut les aider. Je fonctionne comme ça. Alors tu es partante ?

Je me rallume une cigarette. Histoire de faire un mouvement de la tête et éviter de laisser s’échapper cette larme qui voulait sortir, mais que je séquestrerais coûte que coûte. T’es quand même balèze, Zero. Et tu me connais plus que bien. Bien sûr que si je t’ai suivi, c’est parce que j’étais inquiet. Bien sûr que je n’allais pas te laisser seule traverser cette épreuve. Et bien sûr qu’on va trouver une solution, c’est une promesse.
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MessageSujet: Re: Life goes on, even after death ... [Aaz] Mar 3 Juin - 14:13


Renouveau.




S'il y avait bien une personne qui pouvait me comprendre plus ou moins bien, c'était Aaz. Lui aussi avait un passé plutôt sombre, un passé qui ferait vomir leurs tripes aux première et deuxième années à la simple évocation d'une petite anecdote. Lui aussi avait pris sacrément cher dans sa vie, et il était encore là. On a tous les deux fait des choses que la loi n'autorise pas vraiment. On a vécu des emmerdes si profondes qu'on en a encore les marques. Il y avait une raison à ton repli sur toi-même, Aaz. Tout comme pour moi. Elle était peut-être différente, mais le but restait le même, probablement. On est des marginaux. La vie nous a forcée tous les deux à être comme nous sommes. On aurait très bien pu se pendre, se tirer une balle, s'arracher le cœur de nos propres mains, mais on ne l'a pas fait. On est encore là. On a perdu quelque chose en route, quelque chose qui nous empêche de vivre pleinement, d'une certaine façon.Oh, nous étions libres, ça c'est sûr. On faisait ce qu'on voulait quand on le voulait, rien ne nous arrêtait, tels deux oiseaux en plein vol. Mais est-ce ça, la vraie vie, en fin de compte ? Vivre sans aucun attachement ? Non. C'est une échappatoire à la réalité. On fuit quelque chose qui nous blesse, consciemment ou non.


C'est drôle. Je suis une tête brûlée depuis toujours. Impulsive, têtue, bornée, directe, spontanée. J'agis avant de réfléchir. Ca m'étonnait d'être aussi calme, de ne pas hurler, d'insulter le monde entier, de dégommer tous les arbres que je croisais. Pire, j'avais l'impression de philosopher. Cela me fit sourire, un peu. L'explication de monsieur le prof de sciences occultes me dirent encore plus sourire. Evidemment que je savais comment fonctionnait le cancer, quand même. Ses larmes …



« Tiens donc, le prof de SO est aussi un phénix ? Ca explique pourquoi tu fumes autant. »


J'étais la première étonnée à faire du sarcasme et à faire une vanne. Mais je ris un peu. Cela me fit énormément de bien de rire. Un soulagement véritable, comme si le poids du monde s'allégeait sur mes épaules, tiré par une force bien connue et essentielle pour vivre heureux. L'amitié. J'avais un peu l'impression d'être dans une parodie de shonen avec toute cette morale fraternelle, mais c'était effectivement la vérité. Rétrospectivement, les meilleurs moments que j'ai passé jusque là, ils étaient avec Aaz, Stan et Mik'. Si je survivais, peut-être que je devrais … travailler ce côté-là. J'avais deux cobayes au studio, de toute façon. Ca pourrait être marrant, notamment avec Alecto, vu comment elle a la flippe quand je suis dans les parages. Ca m'amusait de la terroriser, en arrivant dans son dos et lui susurrant à l'oreille un petit « Bouh,  Alecto. ». Effet garanti. Ou alors elle hurlait, elle faisait sa Hulkette. Le vert en moins, la couleur du short dans les cheveux en plus. Quoi qu'il en soit, j'avais plus ou moins le temps de penser à ça. Il y avait plus urgent dans l'immédiat que copiner avec ses colocataires. J'écoutais attentivement Aaz lorsqu'il parla de la panacée et de la pierre philosophale. Super, une légende … Je devais remettre mon espoir de vivre dans une légende. Ca m'a miné le moral instantanément.


« T'es sérieux, là ? La pierre philosophale ? Existe-t-elle seulement, c'est ça la question. Qu'elle soit en Jordanie ou au pays des lutins bleus c'est pas la question. Pour y croire, j'ai besoin de substance matérielle, d'être certaine que c'est possible … Pas d'illusions. »


Je soupirais. Il y croyait dur comme fer on dirait. Je me souvins d'une chose, c'est que dans mon sac, j'avais « emprunté » quelques livres sur les artefacts à Alecto. Je n'avais pas eu l'occasion de les approfondir. Peut-être que c'était une bonne idée de les sortir maintenant, s'il y avait du contenu entre ces pages sur la pierre philosophale. Mon ami s'était relevé. Pas de raison de se battre pour quelqu'un, hein ? C'est une bonne raison que de ne pas en avoir. Si le monde fonctionnait comme ça, il y aurait déjà bien moins de solitude et de peine sur cette planète. Enfin … A mon tour, je me levai. Je me retournai pour le regarder de mon œil valide, le visage encore un peu ensanglanté, ma fleur tâchée.


« Puisque t'as l'air d'y croire sincèrement à ce foutu caillou, on va faire un essai. J'ai rien à perdre de toute façon … Mais je te laisserais pas partir tout seul. A deux on maximisera les chances de trouver quelque chose. D'ailleurs, j'ai piqué des bouquins à Alecto sur les artefacts … J'ai pas pensé à la pierre, mais plutôt à un artefact qui permettait d'absorber de l'énergie vitale ou d'en fabriquer au départ. J'ai pas assez lu pour trouver une piste. »


Je crus voir, juste avant de dépasser mon compagnon du Commando, une larme se former. Eh bien, Aazzlaaroth Finnegan, tu sembles être plus humain qu'on ne le croit, finalement. Je souriais. Un sourire de courte durée, mais qui traduisait sincèrement le fait que j'étais touchée. Je m'installai contre un arbre, après être allée chercher quelques brindilles. Je voulais faire un petit feu qui nous permettrait de lire. J'avais sécurisé un petit coin, pas loin d'où j'étais installée, et avait mis le feu aux brindilles et à la branche qui servait de bûche.


« Allez m'sieur le phénix aux larmes qui soignent, on a du boulot. De la lecture, c'est pas trop compliqué pour toi j'espère. »


J'avais repris un peu du poil de la bête. J'étais toujours exténuée, mais j'allais mieux, maintenant qu'une présence amicale était à mes côtés. Je lui donnai la moitié des ouvrages que j'avais en ma possession. J'espérais qu'on trouerait quelque chose, même si ce n'est pas sur la pierre philosophale. J'y croyais vraiment très peu à cette histoire. Et puis, le seul livre qui avait l'air assez vieux pour contenir une information possible tombait un peu en lambeaux, et c'était Aaz qui l'avait actuellement entre ses mains. Au boulot maintenant.

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MessageSujet: Re: Life goes on, even after death ... [Aaz] Mer 4 Juin - 0:04


Just me and my lighter


Dans mon monde, il n’y a pas de réelle forme de création, tout est déjà là, à disposition, et c’est cet agencement de choses a priori aléatoires qui m’aide à avancer. Comment ? Tout simplement en expérimentant des agencements. C’est en testant, échouant, recommançant que l’on y arrive, et je suis une teigne dans ce domaine, affrontant en permanence la vie, pour la plier à mes désirs.

_Rien de ce qui en vaut la peine ne s’obtient sans mérite… On va prouver à la faucheuse que tu mérites la vie. Qu’elle vienne prendre ton dernier souffle quand tu seras une vielle chouette sénile, mais même là, elle te demandera la permission avant de t’arracher l’âme du corps.

Nous en étions là, à chercher un miracle, une légende, un fragment de rêve passé dans la réalité, quelque chose qui sonnerait comme un espoir au final. Et c’était bien ce qu’il nous fallait pour tenir le choc. L’espoir c’est ce qui rend les gens malheureux, mais c’est aussi ce qui permet aux massacrés par la vie comme moi, comme elle, de tenir et de ne pas se jeter sous un train. D’un autre côté, si on pense à ça, on n’a pas fini. Elle venait de se lever aussi, le visage encore ruisselant, rouge, sanglant. Comme un avatar de destruction qui prend conscience de tout ce qui se passe, et qui ne peut plus refuser de voir l’effroi qui est l’essence même de sa vie.

Et c’est alors que le compte à rebours approche de la fin que tu te décides d’affronter ton destin…  Zero... Pourquoi as-tu attendu si longtemps ? Mais ce n’était pas le problème. Je te vois, tu me rejoins, tu prépares du feu plus loin… tu sors des vieux grimoires pleins de vers et de cornes. Tu as envie d’y croire toi aussi. Pourtant il n’y a rien qui t’aides. Si ça se trouve, tu mourras quand même, il faut s’y préparer. Mais je ferais mon possible pour l’empêcher… Mon amie…

_Amie…

J’avais prononcé ce mot à voix haute, immobile dans cette clairière. Je ne sais pas pourquoi, ça résonnait. Ca faisait mal. C’était quoi ce bordel encore… J’avais le cœur serré, douloureux. J’étais triste… Mais dans ma tête, ce mot ne résonnait pas. Il sonnait creux, vide, comme un compliment hypocrite. Je comprenais ce que c’était, mais je ne le ressentais pas. C’est dans ces moments là que je regrette mon passé. Depuis que j’ai perdu mes souvenirs et mes émotions, j’avais du mal à être adapté. Je comprenais rationnellement ce qu’étaient la tristesse, la joie, la jalousie…  Mais ça ne passait pas dans mon émotionnel. Ma vie était devenue un putain de mensonge, un masque permanent, ou quasi-permanent. Je ne peux ressentir de choses que si elles sont extrêmement intenses, et même là, tout ça c’est  édulcoré, sans saveur. J’avais versé une larme, ça compte quand même non ?

_Zero… Ca fait mal…

Bordel… J’avais le cœur en miettes… Je ne lâchais rien, mais j’étais vraiment en vrac. Y’avait rien à lâcher aussi. C’était une sorte de colère, de frustration, d’injustice… J’avais la haine. C’est ça… La haine, cette flamme dévorante qui réduit le cœur en cendres et me faisait replonger dans les méandres de la folie furieuse. Moi… Aazzlaaroth finnegan… Crow… L’homme-machine, dénué de sentiments, et qui faisait ce qu’il voulait, quand il voulait… J’vais la rage contre la vie et ce spectacle désolant. J’avais envie de tout faire brûler. De me pointer là, dans un hôpital magique et de faire une prise d’otage pour la soigner, elle qui n’avait rien fait et qui était condamnée, et moi, le monstre, qui pourait être condamné à mort une dizaine de fois, j’allais continuer à souiller cette terre… Je te hais, la vie… Pour tout ce que tu nous infliges…

Je me voyais déjà débarquant dans un centre de soins réservé aux mages, tirant sur tout ce qui bouge et séquestrant du personnel, massacrant tout le monde, et sommant les blouses blanches de sauver Zero. Je leur hurlerais à la figure mon dégoût de ce monde, que j’attendais que ça, qu’on me loge une balle entre les omoplates, mais que cette putain de balle, elle aura un sens, parce que je l’aurais cherché, et que Zero, elle, elle mérite pas ça. Je leur hurlerais ma répugnance, vomissant ma rancœur. Et je les forcerais à me regarder dans les yeux, ces glaçons dorés qui sont comme deux opales froides et diaboliques, je les mettrais face à la colère que j’ai contre le monde, contre chaque putain d’humain qui rampe comme un cafard ici-bas, opportuniste et charognard, prêt à bouffer les restes du peu de personnes que j’ai réussi à côtoyer, et qui m’ont abandonné.

Mes parents… Les villageois… Des compagnons… Et maintenant toi… Et rien que pour ça, j’avais envie de faire tomber le masque et de hurler ton calvaire au monde. Et de mettre ce monde à feu et à sang. Pour que ta mort ait un sens. Que la mienne en ait un aussi. On se ferait ça avec mon compagnon de toujours : mon briquet.

make them look in your eyes
unmask all society's blame
isolated grounds
no one around

just me and my lighter
just me and my lighter


« Allez m'sieur le phénix aux larmes qui soignent, on a du boulot. De la lecture, c'est pas trop compliqué pour toi j'espère. »
_Tsssssk… Les démons ne pleurent jamais…


Assis, clope au bec.  Je compulsais mon vieux bouquin tout détruit. Il devait être à peu près aussi vieux que le monde. Ca se trouve, c’est un dinosaure qui a écrit ce truc. Et à force de compulser, de jeter mes mégots successivement j’ai fini par trouver un truc.

_Regarde… D’après son bouquin, la dernière localisation précise de la pierre philosophale serait en Jordanie, effectivement, non loin de la mer morte, il y aurait des ruines. Dans ces ruines, il y aurait un temple. Et parait-il qu’elle serait là bas. Ca serait ouf quand même. Le livre date de 1687, tu penses que ça vaut le coup ? Ca serait une sacrée découverte… Et ça me ferait rire de trouver un truc de ce style… Qui plus est, ça nous permettrait de tricher avec la réalité et de te soigner. Enfin en théorie. C’est complètement ouf comme idée, mais ça se tente, t’en penses quoi ?

Si tu ne voulais pas venir avec moi Zero, j’y irais seul. J’irais traquer la relique, foutre le dawa dans un pays lointain, comme avant, explorer des lieux glauques, et emplis de mystères, et rapporter des reliques de mon périple. Et mettre ça sur Hatebook aussi. Si tu ne venais pas avec moi, Zero, tant pis, j’irais avec mon compagnon de toujours.

No one around
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MessageSujet: Re: Life goes on, even after death ... [Aaz] Mer 11 Juin - 20:16


Toi, le feu, les guimauves, la nuit, les étoiles et moi.




J'hésitais finalement. Entre y croire sincèrement, quitte à mourir en ayant mes illusions brisées, me jeter corps et âme dans cette lutte contre la montre, contre la Mort elle-même, et me laisser mourir, acceptant mon destin tel qu'il était à l'heure actuelle. « Rie de ce qui en vaut la peine ne s'obtient sans mérite », comme tu le dis, Aaz. Mais voilà, est-ce nous qui décidons de ce qui en vaut la peine, ou bien d'autres facteurs ? C'est beau de vouloir quelque chose. Mais on aura beau être le plus doux, le plus méritant des êtres vivants, si ce que l'on souhaite est inatteignable, comme devenir un Dieu vivant par exemple, c'est impossible de l'avoir. J'étais à des années lumières d'être une sainte, et je voulais vivre, mais est-ce que je le pouvais seulement ? Est-ce que ce n'était pas trop en demander ? J'oscillai entre espoir et résignation. C'était franchement horrible comme sensation. Et je crois que sans son aide, à cet homme qui se tenait là, pas loin de moi, je serais tombée dans les tréfonds de la démence. J'étais instable, je le savais. Et si j'avais été seule, sur mes dernières heures, je ne sais pas comment j'aurais été. J'aurais pu me transformer en monstre horrible, haïssant à tel point la vie et mon sort injuste que j'aurais tué des innocents. C'était probable. J'aurais pu craquer, me lamenter sur mon sort, rejeter ce choix et avoir l'air d'une loue. Ca aussi, c'était possible. Je ne savais pas ce qui m'aurait attendu, mais maintenant, la question ne se posait plus, hein … ?


J'ai pu lire dans tes yeux cette question que tu te posais, Aaz. Toi qui d'habitude est impossible à lire, aujourd'hui, je savais ce qui se passait dans ta tête. Pourquoi je n'ai rien fait jusque là ? Parce que je savais que j'allais mourir, et que j'estimais tout simplement que vivre n'était pas fait pour moi.  Je n'ai que trop récemment découvert des choses comme l'amitié, la douceur, la tendresse, la fierté non orgueilleuse, la joie, pour ne citer que cela. Je ne connaissais que les tourments, la solitude, la haine, la colère et l'injustice. Pas de quoi te motiver à avancer, en somme. Alors je me fichais de ce qui pouvait m'arriver. Je me suis battue, j'ai appris à maîtriser cette puissance destructrice que je contenais. Je l'ai manipulée, améliorée, jusqu'à faire de moi une créature froide, hostile à tout ce qui se trouvait autour de moi pour les dissuader de me faire encore plus de mal. Et à cause de ça, je me suis éloigné des vraies valeurs. Aujourd'hui, alors que mon heure approchait, dévorée par ce que j'ai créé de toutes pièces, par cette force que j'ai domptée, je me rendais compte de toutes mes erreurs. Tout ce que j'avais fait était futile, stupide et tellement naïf … J'ai cru qu'éloigner le monde de moi me protégerait. Au contraire, ça m'a isolé, et m'a rendu aveugle. Cette constatation était peut-être ce qui sauva le peu d'humanité qu'il restait en moi. Mes traits se détendirent. J'étais calme à présent. J'avais abaissé mes défenses. Je n'avais plus cet air glacial sur le visage. Quelque chose venait de se passer dans ma tête et mon cœur. Si je survivais … Je pense que je ne serais plus jamais la même. Je ne souffrirais peut-être plus chaque seconde qui s'écoulait, autant physiquement que mentalement. Je pourrais enfin … vivre. Tout simplement. Cette unique pensée régla mon hésitation. J'allais y croire. J'avais encore tellement de choses à découvrir … A apprendre, aussi.


De ton côté, mon ami, je savais que tu te torturais. Tu avais prononcé le mot « amie » à voix haute. Comme mécaniquement. Comme si tu savais à quoi il correspondait, mais que tu ne le ressentais pas. Je ne connaissais que très peu de choses sur ton passé, mais j'étais certaine que ça avait un lien. Tu m'as confié que ça faisait mal. Est-ce que tu t'en voulais ? Est-ce que tu pensais que j'étais ton amie, mais que tu n'avais pas l'impression de ressentir ça vis à vis de moi ? Tu t'en voulais que ta tête te dise « amie » mais que ton cœur ignore ce mot ? Ou bien l'inverse ? Je souris un peu, dans ton dos. Ma main humaine vint se poser doucement sur ton épaule. Sans la serrer, juste la laissant poser, avant que je ne parte m'asseoir. D'une voix incroyablement apaisante, et j'en fus la première étonnée, je prononçais quelques mots qui, je l'espérais, allaient t'aider.



« Rassure-toi. Quoi que ta tête ou ton cœur te dise, fie-toi à tes actes. Tu es là, debout dan la nuit, pour venir m'aider, alors qu'on est à plusieurs jours de marche de Nara. Tu te tortures trop, toi aussi. Quoi que tu penses ou ressentes, tu agis comme un véritable et précieux ami. »


Nous étions assis tous les deux maintenant, à feuilleter les livres piqués à Alecto. J'avais trouvé quelques trucs d'alchimiste, mais rien de probant. Un artefact pour aspirer l'énergie vitale des plantes … Non, ça ne marcherait pas. J'allais avoir besoin d'une quantité astronomique de plantes, et en plus, j'aimais les fleurs. Hors de question que j'en sacrifie. Là ! Quelque chose … d'inutile. La pierre philosophale, mythe u réalité ? Presque cent pages sur une question, qui n'apporte aucune réponse précise. Une déception de plus. Aaz, lui, sembla avoir trouvé quelque chose au bout de quelques silences successifs dans la nuit. Ravivant un peu le feu, je l'écoutais attentivement. Des ruines en Jordanie … Un bouquin, donc par extension, une info qui date de mille six cent quatre-vingt-sept … Ouais, moins de un pour cent de chance que la pierre philosophale soit là-bas quoi. Je soupirai longuement.


« Je sais pas. La pierre philosophale c'est ma seule potentielle chance de survie. Je sais pas si ça annulera ma malédiction, si je vivrai éternellement si on la trouve, ou si ça annulera juste ma mort prochaine et me permettra de vivre comme une personne normale. Une information aussi vieille, soit le temple est surprotégé, soit c'est du vent. Et très honnêtement, si c'est aussi vieux, ça a dû attirer des mages en quête de puissance. Je crois pas que ce soit là-bas, mais comme c'est notre seule piste … j'en suis. »


Je fixai le feu qui reprenait vie petit à petit. J'aimerais vraiment que cette piste aie la même conséquence que le rajout de brindilles pour ce feu de camp improvisé. Me faire renaître, en trouvant cette foutue babiole. Je me dirigeai vers mon sac, et en sortit quelques guimauves. Mes dernières. Je n'avais plus de viande, toute mangée durant ces quelques jours. On allait devoir s'en contenter, non pas que ça me déplaise. A moins qu'il ait apporté quelque chose sous sa cape, ce qui me semblerait tout de même surréaliste. Je nettoyai un peu deux brindilles et en donna une à mon partenaire du Commando.


« J'ai plus que ça à manger. Désolée, mais j'ai faim, sert toi, y'a le paquet en libre service. »


Une dizaine de guimauves restantes, très exactement. J'en embrochai trois, et les fit griller au-dessus du feu. Pas un bruit ne planait autour de nous. J'aurais préféré que le contexte soit différent pour passer cette soirée. Et si elle avait été en tête à tête, désolée Aaz, mais j'aurais préféré une femme. Si ça avait été une sortie en toute amitié, il manquait Stan. C'est pour cela que malgré mon nouvel air affiché sur mon visage, mon expression apaisée et calme, à la différence de tous les jours, un air épuré, sans grimace ni ride, il y avait comme quelque chose de lourd. Le poids de la mort et du temps qui court. Ce sablier dont les grains nous filaient entre les doigts, désespérément, sans qu'on n'y puisse rien. On pouvait toujours essayer de le récolter, un coup de vent et il s'en allait de nouveau. Tout comme la chance. On pouvait essayer de la forcer, elle s'esquivait toujours, choisissant qui frapper ou non. Cela me fit repenser à moi, et à Aaz. Lui aussi, il avait quelque chose de lourd, d'aussi noir que les abysses enfoui entre ses côtes. Et je ne parlais pas de son cœur. Plutôt quelque chose qui tenait de l'ordre d'un espèce de traumatisme, ou d'un sentiment, d'une sensation. Cela me faisait bizarre d'avoir l'impression de le comprendre, lui qui cultivait si bien le mystère … Etait-ce un effet dû au fait que j'allais mourir ? Ou simplement que pour la première fois  de ma vie, j'ouvrais réellement les yeux sur l'extérieur ? Qui sait … Reportant mon œil sur Aaz, je lui adressai la parole.


« J'aimerais juste, avant qu'on parte, dormir ici. Ce sera peut-être ma dernière fois, et je suis trop faible de toute façon pour partir. En plus, je vois qu'il y a un truc … Quelque chose te bouffe de l'intérieur. Je sais pas si c'est le bon moment, mais si tu veux essayer de le faire sortir, profite.Il n'y a que toi, que ce feu, ces guimauves, la nuit, les étoiles et moi. On sait tous les deux où ça mène de garder les choses pour soit, j'en suis une preuve ... »


Il s'était occupé de moi comme il le fallait. Maintenant je me proposai à mon tour. Je ne serais qu'une piètre amie si je ne lui rendais pas l'ascenseur. J'aurais pu attendre qu'il m'en parle, mais il ne l'aurait jamais fait. Alors, je tentais le tout pour le tout. Aaz, mon pote du Commando de l'Ombre, tu as été là pour moi, je le serais aussi, tu peux en être certain.

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MessageSujet: Re: Life goes on, even after death ... [Aaz] Jeu 12 Juin - 16:20


Je me nomme Légion




On était posé les deux, au milieu de nulle part, la tête dans les étoiles, le cœur dans le noir, les yeux dans les bouquins, cherchant l’espoir. Sans alternatives, nous étions donc coincés avec une piste ténue, mais une piste. En réalité, quelque chose me disait que c’était la solution. Avec la pierre philosophale, c’était sûr nous allions pouvoir gérer ça. Cela dit, Zero avait raison, les pilleurs, les chasseurs de trésors, tout le monde a dû passer et tenter sa chance. Mais pour une raison inconnue, j’avais BESOIN d’aller là-bas. Je le savais, quelque chose m’appelait.

_Fais-moi confiance… Là-bas… Il y a quelque chose.  Ils me le disent.

« Ils ? » Ils étaient là depuis des années, en moi à m’appeler, à vouloir que je galère dans ma vie lamentable. Ils voulaient simplement que je me batte pour obtenir ce dont j’avais besoin. Et ce soir, j’avais besoin que Zero vive. Dans ma tête, ça se bousculait tellement, j’en devenais dingue…

_Je sais pas si la pierre philosophale pourra te rendre immortelle, mais elle devrait pourvoir annuler la malédiction. Mais t’as raison, on ne sait pas si c’est du vent ou pas… Mais on n’a pas vraiment d’autres possibilités. Content de voir que tu me suis dans mon aventure.

J’avais baissé la tête de nouveau. Tout ça, je n’étais pas à l’aise. La mort ne me dérange pas, je l’ai vu de mes yeux, sans problème. Tant que ça ne me concerne pas, ça ne m’atteint pas. Et c’était peut-être ça qui m’isolait. Le fait de ne pas me sentir concerné. Pourtant, le fait de voir mon amie dans une telle détresse me froissait. J’avais ma énième cigarette dans la bouche, tandis que je cherchais de nouveau des solutions, en vain. Et pourtant j’y croyais. Pas comme une foi. Mais comme un rêve, un désir. C’est terrible de se dire que c’est parce que Zero avait une date de péremption qui se rapprochait que je me sentais vivant.

Ma vie n’a de sens que par la désolation. Et je sème la désolation… Parce que c’est la seule chose que je ressente. Et que c’est horrible de se dire que quelque part, si tu es sauvée, je retournerais dans cet état léthargique, sans émotions, sans vie intérieure. Et quelque part, je ne veux pas ça. Quelque part, je ne veux pas te sauver, pour rester humain à l’intérieur. Mais si je sacrifie mon « humanité » pour te sauver, ça me rend humain quelque part non ? J’en sais rien… Pourquoi je me pose toutes ces questions ? La seule qui me fait me poser toutes ses questions d’habitude c’est Yume. Et pourquoi je pense à elle maintenant ? Le fait d’avoir disparu pendant des jours ? Le fait que d’habitude, c’est elle qui m’apporte les réponses ? Je suis une forme assez étrange de créature. Un salaud fini, qui ne pense qu’à travers le prisme de son intérêt. Oui, j’instrumentalise les relations. Pour moi, si tu n’es pas utile, tu es un poids mort.  Et pourtant il y a des exceptions. Ironique non ?

Et pourtant, le sociopathe est là, à veiller une amie à l’agonie, abandonnant tout pour elle. Sans raison aucune. Nan Zero, c’est pas le cadre qui m’a fait venir te rejoindre. Et nan Zero, c’est pas tes fesses qui m’ont fait venir ici. C’est juste que pour moi, ce n’est pas juste que toi tu doives mourir, alors qu’à tes côtés, j’aurais pu être condamné à mort plusieurs fois. Mais c’est toi qui va mourir. Et moi, je vais vivre. Et ça, je n’arrive pas à l’accepter. Zero interrompit mes tribulations par un petit mot touchant et des guimauves. Je préfère le chocolat en fait, mais ça devrait le faire. Mes guimauves dans la bouche, grimaçant un peu, j’avais la tête pleine d’idées. Mais Pétunia avait décidé de jouer les martyrs jusqu’au bout.



_Tu veux vraiment savoir ce que je cache ? Tu sais… Si je n’en parle pas, il y a une bonne raison. Enfin si tu veux. Tu dois savoir un peu toute cette histoire de rituels foirés, de traque de mage noirs, d’absence de souvenirs… Bref, les choses que je raconte. Mais tu sais, personne n’est au courant de quelque chose… Et sois en fière, je te fais une confession sur la pierre tombale.

A la seconde où j’avais dit ça, les ombres s’agitèrent de façon folle et hystérique. De sous ma cape sortirent deux douzaines de silhouettes ténébreuses, sans visage, opaques. Des ombres, piégées dans ma propre ombre, reliées entre elles par une sorte de chaîne d’une noirceur de jais. Aazzlaaroth Finnegan… Le séquestreur d’âmes. J’avais cette chaîne de ténèbres qui pendant le long de ma cape, transperçant chacun de mes captifs. Moines, mages noirs, femmes, hommes… on pouvait deviner qui était quoi. Et ces ombres incapables de se mouvoir librement ne pouvaient que se débattre, entravées par ces chaînes spirituelles, comme des esprits condamnés à des tourments perpétuels. On pouvait parfois entendre, dans un hululement plaintif

« Ne le mettez pas en colère. » « Pitié ! » « Laissez-moi mourir ! » « Je souffre tellement… »

_SILENCE ! Vous n’êtes pas des humains. Vous n’êtes même pas des chiens ! Alors silence.

En mettant ma main sur les chaînes qui dépassaient de ma manche, les ombres se tordaient, en silence, mais la douleur était visible, elles se boursouflaient, convulsait et se tordaient selon des angles complètement aberrants. Je regardais, sans sourciller. Et j’ai subitement tiré sur les chaînes, et les ombres furent ré aspirées dans ma cape, retournant dans leur prison.

_Voilà mon secret. Ces ombres sont celles de tueurs en séries, de violeurs, de mages noirs de secte nécromants. Si je les ai séquestrés dans mon ombre, dans un endroit bien particulier, c’est pour éviter qu’on ne les ramène à la vie. Ces âmes sont piégées, et après ma mort, je les garderais enfermées dans ma dimension pour l’éternité, tel un Cerbère. Alors, pas mal hein ? Je garde aussi les âmes de leurs victimes, s’il y en a, histoire de les empêcher de se faire attraper par des mages noirs, ou des marchands d’âmes. Tiens, par exemple, j’ai l’âme de cette petite saloperie de Lilith. Enfin, c’est comme ça qu’elle se fait appeler. Tu sais, la tueuse d’enfant.

J’expédiais l’ombre de mon trophée de chasse hors de ma cape, elle se débattait et semblait hurlait comme une possédée, un nombre de menaces et d’injures assez impressionnant. Je la remettais à sa place, dans ma prison de ténèbres.

_Savais-tu que cette femme, qui était gouvernante dans une riche maison en Egypte, appâtait les pauvre enfants des bas-quartiers  du Caire, les tuait, puis les servait à manger lors des cérémonies de sa secte de fous furieux. Maintenant, elle est hors d’état de nuire. Mais pour éviter que ses collègues cultistes ne la rappellent, je la garde avec moi. Les enfants qui ont étés victime de sa folie et qui n’ont pas pu passer dans l’au-delà sont également avec moi. Tu as vu une vingtaine de criminels. J’ai plus de 281 âmes innocentes qui attendent leur passage. Je les garde avec moi pour les protéger des dangers de l’au-delà.

C’est sûr que ça faisait un joli effet de surprise. Mais quand même. Il ne fallait pas exagérer. Je n’allais pas libérer toutes ces âmes juste pour les dévoiler. Mais je sentais que j’avais fait mon petit effet à Zero. Je n’étais pas seulement fou à lier, j’étais un monstre, un vrai. Mais j’avais un côté très humain, très noble. Et c’était ça qui devait me sauver aux yeux du monde. Cependant, on pouvait tourner comme ça pendant des heures. Garder une âme contre sa volonté était de la séquestration d’âme. C’était un tabou dans le monde magique, car les seuls qui pratiquaient ce genre de magie étaient les nécromanciens.

_Voilà Zero… Tu sais tout… Ça peut sembler bidon. Mais j’avais besoin de partager ce secret. J’ai tué. Je porte leurs âmes en moi. Je n’arrive pas à réparer mes erreurs, et j’en souffre tous les jours quelque part. Et je dois également t’avouer que si on trouve cette pierre à la con. Je lui demanderais de permettre aux âmes innocentes que je transporte de passer dans l’au-delà. Ce sera… Ma façon de me faire pardonner de tout le mal que j’ai pu faire. Car moi aussi, j’ai fait des victimes innocentes, et j’en héberge encore certaines. Et j’aimerais réussir à briser le cercle. J’ai déjà réussi à le stopper en allant à Tadakai. Mais ça n’est pas suffisant. Ce que je cherche n’est pas seulement une fuite, mais un recommencement. Tu comprends ? N’en parle à personne par contre.  Ah, au fait. Si tu veux qu’on dorme à la belle étoile, pas de soucis. Ma cape me servira de couverture.

Ca me faisait un trou dans le bide d’avoir parlé de ça. Je n’allais pas mieux, j’étais juste soulagé. Comme si le fait d’en avoir parlé me faisait me sentir proche d’elle. C’était juste bizarre comme sensation. En fait, c’était plus simple que ça. Pour une fois, Zero et moi, on se comprenait. On arrêtait de jouer aux deux potes qui s’engueulent tout le temps, moi avec mon cynisme et mon amertume, elle avec sa colère et son caractère de feu. On était juste là, d’égal à égal, tels deux paumés dans un road-movie, qui se racontent leurs cicatrices, leurs espoirs, et qui veulent simplement vivre le présent, parce que le présent, c’est tout ce qu’il nous restait.
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MessageSujet: Re: Life goes on, even after death ... [Aaz] Ven 13 Juin - 2:52


Confession à l'aube d'une expédition.




Aaz semblait vraiment confiant pour la Jordanie. Je ne sais pas ce qui lui faisait penser ça, mais bon. S'il en était si sûr, pourquoi pas … Comme je le disais : je n'ai rien à perdre à essayer. Toute piste est bonne à prendre. J'avais juste un peu tiqué sur son « ils me le disent ». Ils qui ? C'était peut-être encore une phrase tout droit sortie de son imagination. Pourtant, j'avais curieusement l'impression que cette fois, ce n'était pas du vent. Pas d'ironie, juste un fait étrange. Comme si ce Ils était réel, et qu'il parlait bien de quelque chose. Maintenant, un rapide coup d’œil me montra qu'encore une fois, tu te torturais. Mes quelques phrases qui se voulaient apaisantes d'il y a quelques minutes n'avaient donc pas fonctionné. J'étais un peu déçue et peinée, mais tant pis. Après tout, avec le recul, vu comme tu es, je ne pense pas que ça aurait marché comme ça. De simples mots ne pouvaient pas te calmer. Ou du moins, pas de ma bouche. Et encore, j'avais de gros doutes que n'importe qui y arrive.


Je savais que tu préférais le chocolat, mais bon, on fait avec ce qu'on a. J'aimais bien les guimauves cuites par un feu de camp. Je n'avais que trop peu eu l'occasion d'en manger, alors j'avais profité de cette dernière expédition pour me faire plaisir. Sans trop savoir pourquoi, mes pensée voguèrent vers Kintaro et Alecto. Et eux, qu'est-ce qu'ils pensaient de ma disparition ? A quoi pensait l'hybride ? Est-ce qu'il était content, ou est-e que ça lui était égal ? Et Alecto ? Après tout, on a eu un … rendez-vous, elle et moi. Plus jamais je ne parie avec Aaz et Stan quand j'ai bu. J'étais certaine encore aujourd'hui qu'ils avaient triché pour me faire perdre aux cartes. Tsss. Néanmoins, suite à ce rendez-vous, j'avais essayé d'éviter un maximum ma colocataire. Ca avait été tellement … étrange. Je ne savais pas ce qu'elle avait pensé, et tant mieux. Moins je me posais de questions, mieux je me portais. De toute façon, si je devais mourir d'ici quelques jours, ça réglait le problème. J'aurais plus à me préoccuper de tout ce joyeux bordel … Aaz me tira – fort heureusement pour moi – de mes pensées en commençant à me raconter son lourd secret. Ce qui le tracassait et l'empoisonnait depuis longtemps. En mangeant, je reportais toute mon attention sur lui, et l'écoutais.


Il fit sortir de sa cape des ombres hurlantes. Des âmes tourmentées. Des victimes. Non, SES victimes. Je vois … Il portait le lourd fardeau ds âmes en perdition … Ou trop dangereuses pour être remises en liberté, d'après ce qu'il me dit. Il semblait avoir un contrôle total sur elles. Il les torturait sous mes yeux. Je le voyais, je l'entendais. Même sans visages, sans expressions, on devinait très facilement la douleur se tordre sur leurs traits qu'on imaginait de nous-mêmes. C'était assez effrayant, en un sens. Mais je ne bougeais pas. Je n'avais pas peur, de ces ombres sans vie, ni même de lui. Il m'expliqua que ces âmes étaient pour la plupart noircies par la vie décadente et obscure de leur propriétaire légitime. D'autres étaient celles de victimes. Il les conservait afin qu'elles ne soient pas réutilisées par des êtres maléfiques … Louable. Le chevalier de l'ombre, n'est-ce pas, Aaz ? L'homme dont on connaît le travail, ses bénéfices, mais dont le nom a été effacé à jamais. Le héros inconnu, dont la statue érigée est sans visage, ou n'a juste pas de tête, laissant libre cours à l'imagination des spectateurs. Il me montra l'âme de Lilith également, joignant une petite anecdote à la démonstration. Heh, elle sortait presque autant d'insultes à la suite que moi. Il la calma vite fait bien fait, et continua son récit. Deux cent quatre-vingt-une âmes sous cette cape, accrochées à cette chaîne … J'avais moi aussi pris la vie plusieurs fois, mais pas autant que toi, Aaz. Sûrement pas autant. Effectivement, je comprenais mieux ton fardeau, à présent, et pourquoi ça te pesait sur la conscience. Je hochai la tête silencieusement. Tu attendais de les faire passer dans l'Au-Delà … Endroit auquel je n'aurais même pas le droit d'accès. Eh oui …



« Je vois. S tu t'attends à ce que je rejoigne ta chaîne si je dois mourir, oublie. Je préfère te prévenir maintenant plutôt que de te laisser la surprise. Si mon pouvoir doit me tuer, il me consumera entièrement. Mon âme y compris. C'est ça, d'ailleurs, le plus douloureux dans le processus de mise à mort. La dislocation de l'âme. Je n'aurais pas accès à l'Au-Delà. Je cesserai tout simplement d'exister ... »


Très peu de personnes auraient supporté ce que mon compagnon venait de m'avouer. La séquestration d'âme, c'était quelque chose de brutal et cruel, que seuls les nécromanciens pratiquaient. Tous les mages le savaient. Et ils étaient la bête pestiférée du monde magique. Quant à moi, eh bien … Il faisait ça pour la bonne cause. Aaz n'agissait jamais sans raison, je le savais. Alors, je cautionnais ses choix vis à vis de ces choses. Je ne le jugeais pas. Il était l'homme qu'il était. Il se damnait pour une noble cause, et peu de gens pourraient se vanter d'avoir le courage et l'inconscience de le faire. Je ne pense pas faire partie de ces gens-là. J'avais toujours vécu pour moi-même, et appris de manière égoïste. Je n'aurais sûrement pas porté un fardeau aussi lourd. Je me demandais si la nuit, quand il dormait, il entendait tous ces cris. S'ils ne le rendaient pas fou. Et si la rétribution qu'il cherche changera quelque chose à sa vie s'il l'obtient. C'est vrai, est-ce qu'il changera si toutes ces âmes lui pardonnaient ? Si elles lui disaient qu'il avait réparé ses torts ? Aaz deviendrait-il un bisounours ? Ca pourrait être marrant ça. Mais ça n'arrivera pas. Il a trop profondément été affecté. Peut-être qu'il s'adoucira. Peut-être pas. J'aimerais être encore là pour le voir de mes propres yeux …


« Je comprends. Tu me connais maintenant, je ne révélerai rien. Je sais pas si ce maudit caillou t'apportera ce que tu veux, cela dit. Mais s'il fonctionne pour moi et qu'il me rend vivante, alors je te promets qu'on cherchera comment libérer tes âmes. Ca doit être chiant à force de se trimballer avec une chaîne. Mais t'en fais pas. Si je vis, on trouvera. Tu es là aujourd'hui, je serais là demain. Métaphoriquement parlant, bien entendu. »


Un recommencement … Je ne sais pas si j'arriverai à t'apporter ce que tu désires, mon ami, mais sois certain que je ferais mon maximum pour essayer. Je repris mon livre, et en feuilletai encore plusieurs pages. Mais cette fois, je ne cherchais rien sur la pierre philosophale. On avait une piste, on devait la suivre. Maintenant, je cherchais des indices sur l'Au-Delà. Et j'en avais trouvé quelques uns que je gardais précieusement pour moi. Le royaume des Morts … Leur demeure, sous forme d'âme, qui se manifestaient parfois sous leur ancienne apparence. Dénués de toute cruauté et malveillance. Ici, les âmes se reposaient. Il paraît même que le temps de leur passage là-bas, d'après mon bouquin, dépendait du nombre et de la gravité des fautes à expier. Et elles renaîtraient, une fois pures et blanches. Après tout, qu'y avait-il de plus innocent qu'un nouveau-né ? Car oui, ces âmes purgées de tout mal retourneraient à l'enfance, et recommenceraient le cycle de la vie. J'aurais bien aimé tout recommencer, moi aussi. Ne pas être la maudite. La rejetée. Je ne me souvenais plus de mon prénom. Zero, c'était celui que je m'étais choisi, parce que personne ne voulait de moi. Personne ne m'acceptait. On m'appelait « Maudite ». C'est ce que signifie mon nom de famille, en japonais. Je m'étonnais d'ailleurs que Kintaro ne m'ait pas fait la remarque encore. M'enfin. L'Au-Delà semblait être dans une contrée lointaine, là où les derniers ancestraux gardien veillaient sur les trois gemmes, cachant l'endroit aux yeux du monde. Très précis comme lieu. Pourquoi les livres de magie devaient toujours être écris comme ça ? Les auteurs ne pouvaient pas simplement dire « L'Au-Delà se trouve à Machin, voilà le plan d'accès. », non ? C'était trop compliqué pour eux on dirait. Soupirant, je fermai le livre. J'allais devoir réfléchir à tout ça durant mon sommeil. Rajoutant encore quelques brindilles pour raviver la flamme du feu, je lançai à mon partenaire.


« Je crois qu'il vaut mieux qu'on dorme. Demain, on a on long voyage qui nous attend. »


Une dernière fois je me levai, et fixai le ciel, assise sur ma butte d'herbe.Mais dans quelle quête se lançait-on … Deux mythes. Deux légendes qui n'ont jamais été découvertes, et ce malgré leur étude depuis des siècles et des siècles. La vie éternelle et le royaume des Morts … Hah, si jamais on les trouvait, je jure d'embrasser Mikhail et rouler une pelle à Alecto. Finalement, je rejoignis mon sac, et pris mon sac de couchage. Je m'installai dedans, et ferma l’œil, touchant ma fleur, comme d'habitude, afin de vérifier qu'elle était bien en place.


« Bonne nuit, Aaz. Et merci, encore. »


[...]


Nous étions rentrés. Tadakai se tenait devant nous, Plusieurs crises, de plus en plus violentes, m'avaient frappées durant le voyage du retour. Nous avions décidé de prendre le passage spatio-temporel plutôt que de voyager conventionnellement. Plus rapide, et moins dangereux. Surtout vu mon état d'instabilité magique.  On s'était accordé quelques heures, histoire de refaire le stock de provisions, et de prendre des affaires de rechange. J'avais pris une douche. Mes colocataires n'étaient pas là. Tant mieux, je n'avais pas envie de les croiser pour avoir à expliquer quoi que ce soit. J'avais rajouté quelques affaires dans mon sac, des indispensables. Carte, boussole, vivres, bouteilles. Prête, j'attendis mon partenaire du Commando devant le passage. Lorsqu'il me rejoignit, il s'occupa de régler le portail.


« J'espère que t'as pas détraqué le machin. J'ai pas très envie de me retrouver au pôle nord, tu vois ? J'ai pris de la bouffe. Par contre, pas de chocolat vu où on va. Désolé pour toi. »


Lorsque tout était prêt, on passa le portail, moi la première. Bon, point positif, il ne s'était pas loupé. Et j'avais bien fait de garder ma robe, on crevait juste de chaud. Mon dieu. Heureusement que ma fleur était lyophilisée … Elle serait morte instantanément sinon. Nous étions devant le temple en ruine mentionné par le livre d'Alecto. J'avais d'ailleurs gardé les ouvrages avec moi, juste au cas où. Il y avait énormément de squelettes qui dépassaient du sable. Uh-hun … Très accueillant. L'endroit semblait totalement délabré et menaçant. C'est clair que si j'avais voulu y cacher une relique, j'aurais pas pu choisir meilleur endroit ! Je me retournai vers Aaz. Bordel mais il crevait pas de chaud sous sa cape ? Il s'était installé la climatisation ou bien ?


« Apparemment, c'est là. Prêt à jouer à l'Indiana Jones ? »


Sans attendre sa réponse, je m'élançai à pas décidés vers l'entrée. C'était sûrement truffé de pièges … Comme tout bon cliché. A croire que les standards exigeaient des tombeaux labyrinthiques et piégés jusqu'à la moindre dalle … Quoi qu'il en soit, je restais très prudente, et j'allais mettre mon pouvoir d'analyse à profit ...

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MessageSujet: Re: Life goes on, even after death ... [Aaz] Lun 23 Juin - 16:54


We need to go deeper !


Nous voilà arrivés… Ce temple est des plus impressionnants, avec ces colonnes sculptées, ses fresques, son dallage de pierre, ses arches… L’endroit est un trésor archéologique, perdu à des kilomètres de la civilisation. Beaucoup de squelettes jonchaient le sol. Nous n’étions pas les premiers à entrer, c’est sûr. Je m’allumais une cigarette, et je me préparais à entrer dans ce temple merdique. Nous devions retrouver la pierre philosophale… Mais qui sait quelles horreurs, quelles créatures, quels traquenards vicieux cet endroit cachait ? C’était toujours assez étrange de pénétrer ce genre d’endroits. Allez j’y vais en premier. Ma magie était suffisamment polyvalente, mais surtout, j’étais fiable. Zero était déjà assez affaiblie, je devais la ménager. En y regardant de plus près, c’était impossible de ne pas sentir l’énergie magique qui emplissait cet endroit en ruines, assailli par le sable et le temps, et dont l’entrée promettait noirceur, dédale, et embûches en tous genres. Mais il fallait que l’on rentre, on n’allait pas se laisser mourir de chaud ici. En m’avançant, je jaugeais rapidement les vivres dont nous disposions. On a de quoi tenir quelques jours si on était capables de se retenir, le point crucial c’était surtout d’avoir assez d’eau. Allez, c’est parti.

Déjà le truc bizarre, c’était que même dans les couloirs souterrains, il y avait régulièrement  des torches allumées ou des braseros, voir des coupoles d’huile… L’endroit est habité. Mauvais… Je faisais signe à Zero d’évoluer en silence. Les murs de pierre taillée montraient un ouvrage humain, et les peintures et fresques qui ornaient le tout étaient étranges… Je ne saurais les décrire, mais je connaissais cet endroit, je me dirigeais d’un pas assuré, sans peur et sans reproches, avant de me stopper net. Dans les sols là… Y’avait des trous bizarre. Plein de petits trous, qui pourraient accueillir des pointes… Un piège peut être ? Dans le doute, il valait mieux contourner la dalle suspecte. Il faudrait peut-être déclencher le piège. Si Zero voulait le déclencher dans le vide, libre à elle, pas la peine à mes yeux de s’en occuper pour le moment. C’était un peu la misère cet endroit, y avait la blinde de poussière, de détritus divers, de rats, de bestioles et de morceaux de cadavres. Quoiqu’il en soit, on s’en foutait un peu. Gauche, droite, droite… Ça devait être le quinzième coude de couloir… nous sommes finalement arrivés dans une grande pièce…

Cet endroit était magnifique. La température était plus fraiche, le ruissellement de l’eau se faisait entendre. De grandes arches, et des plates formes suspendues par des chaines à même le vide. Il y avait également un long escalier en colimaçon. Je voyais le truc venir, on allait devoir grimper l’escalier et sauter de plateformes en plates formes. Roulez jeunesse, c’était quand même merdique sur le principe. Mais le frisson de l’exploration, l’adrénaline procurée par le danger, tout ça faisait écho, tout ça me plaisait en réalité. Quelque chose par contre attisait ma curiosité, encore… Ça m’appelait, encore…

_Zero… Ils continuent… Par-là, il y a quelque chose de puissant, on devrait aller voir.

J’avais l’esprit comme happé par cette aura qui venait vers moi, et qui enlaçait mon être tout entier. Quelque chose me disait qu’une vérité était dissimulée ici. Mais est-ce que j’étais prêt ? Est-ce que j’allais au contraire, laisser le doute m’envahir et me protéger de ce que je redoutais et percevais comme un si lourd secret ? Je sautais de plateforme en plateforme, avec mon agilité habituelle. Certaines étaient glissantes à cause de l’humus, mais dans l’ensemble ça allait. Enfin de l’autre côté, je constatais qu’il y avait bien 30 mètres de précipice, c’était impressionnant, mais de l’extérieur ça ne semblait pas aussi grand. Retour dans un couloir… Gauche droite, tout droit, gauche, gauche, des petites pièces sans rien, droite…

_C’est quand même dingue, ça ne semblait pas aussi grand de l’extérieur. On risque d’en avoir pour un moment à tout fouiller. Tu penses qu’on aura assez de provisions ? On a déjà trouvé une source d’eau mais sinon j’ai peur qu’on finisse par se per...*click* C’était quoi ça ?

Je venais de marcher au mauvais endroit. Le petit interrupteur, le légendaire « click », signifiant qu’on allait bientôt avoir un énorme problème. Et mon dieu quel problème… Des murs nous entourant commençaient à jaillir des fléchettes, des pointes, des lames… Et ça se rapprochait.

_COURS !!

Et la course folle commençait, esquivant les projectiles comme je pouvais, on allait souffrir la misère si on restait là. Je courais comme un dératé et finalement nous nous sommes jetés au détour d’un couloir, comme deux désespérés. J’étais dos au sol, Zero, que j’avais agrippée pour la protéger était dans mes bras. Je la relâchais rapidement en me fendant d’un magnifique :

_Désolé, j’ai pas été attentif, je n’ai vraiment pas vu le piège et AH !!!

Ca me lançait dans la jambe et l’épaule. J’avais deux fléchettes logées en moi. Une dans l’omoplate, et une bien dans le mollet, proche des ligaments. J’avais eu de la chance, j’arrachais celle à l’épaule rageusement. Elle n’avait pas l’air empoisonnée, c’était toujours ça de pris. Par contre j’étais vraiment mal.

_Cinq minutes de repos s’il te plait. Aoutch…

Je retirais la deuxième fléchette. C’était un peu comme une putain de seringue fichée dans le derrière du genou. Les types qui avaient construits ce dédale avaient dû passer des nuits sans dormir pour ça, ils devaient également détester les gens. Comme moi en fait… Je voudrais que ma tombe soit comme ça. On rigolerait bien, faudrait que je fasse ça un de ces quatre, dessiner les plans de ma tombe. Mais je voudrais carrément une pyramide, histoire d’être classe. Et on m’appellerait « le roi des ombres. », ça serait grave classe. En continuant, nous arrivions devant un mur. Un cul de sac… Un putain de cul de sac. J’y croyais pas.

_BORDEL DE M… Attends…

Un détail me tuait, il y avait un bras squelettique qui dépassait d’un renfoncement, comme si il avait été écrasé. Le mur était amovible… Il suffisait juste de trouver comment…  
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MessageSujet: Re: Life goes on, even after death ... [Aaz] Ven 27 Juin - 21:18


Tout ça pour ça ... Déception.




Je me demandais quelle civilisation avait pu construire ce temple. C'était clairement ancien, vu la technique utilisée. Et la végétation qui recouvrait les murs. Oh, et aussi les ruines et les trucs démolis. C'était d'ailleurs assez curieux que ce site ne soit pas connu … L'avidité humaine ou leur soif de connaissances, c'est selon, auraient dû les mener jusqu'ici. Ou alors,vu les squelettes qui jonchaient déjà l'entrée … Ils n'ont jamais eu l'occasion de voir ou de rapporter ce que ce temple abritait. Ce qui impliquait donc forcément la présence de pièges ou de bestioles fort peu accommodantes. Ce temple était donc réellement mortel. Par extension logique, il cachait quelque chose de puissant. Et si la pierre philosophale se trouvait réellement ici ? C'était une possibilité. En général, ce qu'on garde farouchement est précieux. Ou surpuissant. La pierre philosophale rentrait dans ces deux catégories. La vie éternelle, il y a de quoi faire tourner la tête de pas mal de mages ou d'êtres humains … Et certainement d'hybrides également.


C'était assez ironique d'y penser, mais je ne m'accrochais pas à la vie. Imaginez la réaction de ces types, morts à cause de leur propre folie obsessionnelle à chercher la vie éternelle s'ils savaient qu'une femme qui se fichait totalement de vivre ou mourir réussirait là où ils ont échoué. Quoi que, à présent que j'étais dos au mur, ma perception des choses avait un peu changée. Je m'étais promis silencieusement de faire des efforts pour éviter de passer à côté de pas mal de choses qui valent la peine d'être expérimentées au moins une fois. C'était d'ailleurs assez paradoxal, mais jusqu'à aujourd'hui, si j'ai survécu, c'est grâce à cette capacité que j'avais de me ficher de mon sort. Je ne ressentais pas la peur du danger. Au contraire : il me stimulait. Avec le temps et l'expérience, j'ai développé une capacité d'analyse pour le combat et pour éviter pas mal de problèmes comme ce temple pouvait nous en fournir. Et pourtant, je ne cherchais pas à vivre, mais plutôt à mourir, en un sens.. D'ailleurs, cet espèce de sixième sens me hurlait que tout ce temple renfermait une puissance magique hors normes. Cela ne venait pas que d'un seul lieu, c'était … l'intégralité de la structure qui transpirait l'énergie magique. Prudence allait être de mise … Je me méfiais en tout cas.


Aaz passa devant moi, en guise d'éclaireur. Ce n'était pas forcément plus mal, puisqu'il avait l'habitude de ce genre d'expéditions. J'avais prévu le coup en prenant quelques bandages en plus des vivres, au cas où. Et en cas de force majeure, j'avais encore une fois « emprunté » un artefact de soin à Alecto. C'est fou à quel point elle ne se rendait compte de rien. On s'engouffra donc ensemble dans ce temple. Je supposai que les torches et autres braseros allumés étaient un fait magique. D'ailleurs, toute cette puissance me pesait dans la poitrine, comme si j'avais une boule au niveau de mon centre de gravité. Mais surtout, mon tatouage me brûlait. C'était douloureux, mais j'étais habituée à pire … Cela dit, il ne m'avait jamais fait ça. C'était toujours une douleur aiguë, des coupures, le bras transpercé par mon sang, mais jamais cette sensation de recevoir de l'acide diluée sur la main. Je l'examinai. Oook, là on avait un problème.



« Aaz … Ma marque … En plus, ça me brûle. »


Je le lui montrai. Il ondulait, et ressortait en relief, brillant par intermittence comme un néon vert, puis noir, puis violet. Mais qu'est-ce que c'était que ce bordel encore … Un énorme coup de vent souffla sur nous. Une voix s'était fait entendre une fraction de seconde. Je ne sais pas si Aaz l'a entendue, mais dans ma tête, ses mots résonnaient. Je les répétai à mon partenaire mécaniquement, sans réfléchir.


« … Le prix à payer est celui d'un damné. »


Qu'est-ce que cela voulait dire ? Les damnés sont ceux victimes d'une malédiction, tout comme moi. Cela voudrait-il dire que pour obtenir ce que ce temple renferme, il faut payer le prix d'être maudit à son tour ? J'étais à l'abri de ce côté, car une seule malédiction puissante peut frapper une personne. Mais Aaz ? Est-ce qu'il avait compris ce qui pourrait se passer, s'il continuait de m'accompagner ? J'étais sûre et certaine que c'était le cas. Quand il s'agit d'occulte, c'est le meilleur. La seule explication que je trouvais pour cet effet discothèque à mon bras, c'était le fait qu'on essayait de me maudire. Mais mon bras me protégeait, alors ? Heh, si on m'avait dit ça un jour ...


« J'crois pas que ce soit une bonne idée de continuer. Tu sais très bien ce qu'il risque de t'arriver. »


Puis quelque chose me frappa à l'esprit. Et si les âmes qu'il gardaient l'avait maudit, lui aussi ? Ou le protégeait ? C'était possible, avec une force de presque trois cents âmes … On ne savait pas grand-chose sur leur pouvoir, leur consistance ou même le fait qu'elles existent. On ne connaissait pas leurs propriétés magiques non plus. Elles feraient peut-être écran … Je l'espérais secrètement en tout cas. Mais l'heure n'était plus à penser à ça. Nous avancions à présent en silence, prudemment. Aaz sembla trouver un piège. Le classique coup de la dalle piégée qui déclenchait des pieux d'acier pour venir empaler les malheureux. Pas la peine de s'en soucier, de toute façon, une fois le mécanisme activé, il se rétracterait seul et se réarmerait. Plus on s'approchait, et plus mon bras me faisait souffrir. Saleté de tatouage … J'y jetai un nouveau coup d’œil et vit que des lignes partaient de son cœur, anarchiquement, comme des vecteurs. Elles étaient cela dit assez discrètes. Je m'interrompis de marcher, et recula un peu. Là ! Une ligne qui retournait doucement vers mon tatouage. Quelques pas de plus, et elle s'en éloigna. Je rejoignis mon ami, et examina l'ambiance de l'endroit. C'était d'une rare beauté. Quelques rayons lumineux venaient dévoiler quelques ruines, dans le petit cours d'eau proche de nous, ainsi qu'un escalier et des plates-formes suspendues dans le vide par des chaînes. Des chaînes, sérieusement … On se croirait dans un jeu vidéo, vraiment. Cela dit, pas le temps de s'arrêter pour apprécier le paysage.


« Aaz, mon bras. J'ai remarqué que plus on se rapproche du centre, plus on s'croirait dans une discothèque. Ca peut être un bon indicatif pour se repérer plus ou moins. »


Il me répondit par quelque chose d'intrigant. Encore une fois, « on » lui disait d'aller par-là. Ses âmes ? Le temple ? Ou pire … ? Plus rien n'était sûr, désormais. Je n'aimais pas ça, mais alors vraiment pas. La douleur dans mon bras me sapait petit à petit mes forces. S'il n'y avait que ça … La boule que je ressentais depuis le début s'amplifiait. Pas besoin de ma capacité d'analyse pour deviner que ça commençait sérieusement à puer les grosses embrouilles. On continuait d'avancer en silence, enchaînant les virages. Aaz semblait savoir où il allait, c'était déjà un bon point. Moi, j'observais. Et je l'écoutais. Assez de provisions, oui. On a l'appui de mon espèce de plan coloré de toute façon. Pour l'eau … HEY !


« STOP, RECU... »


Clic. Je soupirai. Ce fameux bruit annonciateur d'une énooorme emmerde. Plus stéréotypé, tu meurs.


« ...le. Trop tard je suppose. On commence à courir ? »


Pas la peine d'avoir son approbation, même s'il me hurla de détaler. Suuuper ! Jusqu'ici ça s'était bien passé. Trop pour ne pas déclencher un piège. Il fallait vraiment un quota ? Surtout qu'en plus, là, c'était vraiment la merde. Ca tirait de toutes part. J'activais mon pouvoir, ce qui me fit anormalement mal et me fit trébucher l'espace d'un instant. Je pus me récupérer en vitesse, l'adrénaline coulant à flot. J'utilisais une trop grosse quantité de sang pour parer les projectiles, me contentant de foncer tout droit, esquivant grâce aux réflexes que pouvaient me donner ma super analyse les tirs en angle mort. Jusqu'à une intersection, en tout cas. Droite, gauche ? A peine j'eus le temps de me poser la question que je glissai en esquivant à la Matrix un pieu qui fonçait droit sur moi. Aaz m'attrapa à la volée, étant donné que j'étais sur le point de tomber par-terre, ce qui m'aurait été fatal. Le choc, violent, me coupa le souffle quelques secondes et désactiva mon pouvoir. Mon partenaire décida de se jeter dans le couloir de droite, moi avec. J'étais à la limite de la conscience, la vue trouble. Je pus comprendre qu'il me protégeait, au cas où. Mais cela ne servait plus à rien, le mur s'était stoppé net à l'embranchement. On l'avait échappé belle cela dit … Il me hurla ensuite dans les oreilles. Ce hurlement résonna dans ma tête et me mit KO pour une ou deux minutes. Je reprenais petit à petit mes esprits. Je vis qu'Aaz était blessé. Moi, je n'avais rien. Je me traînai jusqu'à lui, encore sonnée. Si son épaule semblait juste avoir été transpercée légèrement par une fléchette, celle de son mollet me semblait plus grave. Je sortis du sac de quoi désinfecter et lui faire des bandages.


« Tiens, débrouille-toi avec, je risque de faire plus de conneries qu'autre chose, j'suis encore groggy à cause de mon pouvoir … Si ça suffit pas, j'ai piqué un truc utile à Alecto. Tu sauras quoi en faire. »


Il avait l'air vraiment mal. Est-ce qu'il avait été empoisonné ? Dans le pire des cas, il y avait l'artefact que j'ai piqué à ma colocataire, mais je n'allais pas pouvoir l'activer moi-même. Ca requiert du sang. J'étais à la limite de l'anémie, et puis un sang maudit, c'était pas forcément le mieux pour activer ce genre de trucs. On en profitait pour se reposer. Et moi, pour vérifier si c'était bien à droite qu'il fallait aller. Apparemment oui. C'était bizarre cela dit, au départ je croyais que les lignes allaient anarchiquement dans les directions … Mais au final, elles dessinaient quelque chose. Une … faux ? Pourquoi une faux ? Je revins vers Aaz et lui montra.


« Une idée sur cette signification ? »


La brûlure était intense. Ca s'entendait à présent que je luttais contre la souffrance. Et je suais un peu, quelques gouttes perlant de mon front. Il semblait reprendre quelques couleurs, c'était déjà ça. Nous avancions encore un peu, jusqu'à arriver sur une impasse. Génial ! Un mur ! Je perdais patience. Et la douleur constante n'arrangeait pas mon humeur. Je soufflai en guise de mécontentement, et alla m'asseoir, examinant l'ensemble. Le mur pouvait bouger. Il y avait un mécanisme. Sauf que là, je ne voyais pas où il pouvait être. Les minutes s'écoulèrent, au même rythme que ma patience. Ni moi, ni mon compagnon ne trouvions la solution de l'énigme.


« OH ET PUIS J'EN AI RAZ LE CUL ! »


Je me levai, bondissant comme une furie, et avança vers le mur, activant mon pouvoir tout autour de mon bras droit. La douleur était soudaine et violente. Elle me stoppa net. Un moment, je crus même que j'allais en vomir, mais ce ne fut pas le cas. Les lignes sur mon bras intensifièrent la force de la lumière qu'elles émettaient. Mais ça, je m'en foutais. Ce qu'on était venu chercher se trouvait derrière. Et ce n'était pas un putain de mur à la con qui allait m'empêcher de passer. J'assénai un coup de poing d'une rare violence, l'aura du temple s'étant elle aussi emparée de mon bras pour le renforcer, sur l'obstacle qui explosa littéralement. Je sentais la présence du temple qui essayait de se mélanger à la mienne. Mais ma propre malédiction la repoussait. C'était comme si vous étiez dans une bulle protectrice, et que de la lave coulai sur cette bulle, sans toutefois parvenir à la percer. L'aura se dissipa finalement de mon corps, et me laissa exténuée, un genou à terre. Je respirais difficilement. L’anémie se pointait, on dirait … Humpf. Je me releva difficilement, manquant de tomber, puis avançai, l'air de rien. Ce que je vis, trônant au centre de la pièce, en lévitation, me dégoûta. Pas de pierre philosophale. Juste une putain de faux. Le centre de la puissance du temple. Je serrai la mâchoire.


« Je le savais. Ca pouvait pas être ici. Connerie de mythe, connerie de caillou, CONNERIE DE TEMPLE ! HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! »


Je hurlais ma colère t ma frustration. Ma voix résonna dans tout l'édifice pendant de longues secondes. Je m'adossai au mur, et me laissa tomber au sol. Le mur d'en face était couvert d'inscriptions. Ce qui me semblait bizarre, c'est que j'arrivais à la déchiffrer, alors que je n'avais jamais vu ces écritures de ma vie. Un effet de 'aura de l'arme ? Peut-être bien. Cela disait « En ce monde, seule la Mort est Eternelle. ». Cette arme serait-elle celle de la Faucheuse ? Tss. Aucun intérêt pour moi. Cependant, mon collègue semblait fortement attiré par-elle. Je le voyais d'un mauvais œil.


« Aaz, fais gaffe. T'approche pas de cette saloperie, ça pue l'embrouille ... »


Mais il ne m'écouterait sûrement pas. Vu mon état, je ne pourrais pas l'en empêcher. Eh merde. Le laissant faire sa connerie sans pouvoir l'en empêcher, je me mis à repenser à cette inscription. Pourquoi une majuscule à mort et éternelle ? Atteeends … Et si … Non. Ca ne peut pas être un indice sur la pierre philosophale, c'est juste absurde. J'en étais à me raccrocher à ça … Une phrase insensée sur le mur d'un temple perdu où se cache une faux. Je riais nerveusement de ma propre stupidité. Et puis, à tous les coups, à peine Aaz aura supprimé l'énergie qui alimentait ce temple, il s'effondrera sur le coin de notre gueule, alors …


Nous sommes deux pauvres âmes perdues.


© CN.JUNE, NEVER UTOPIA
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Life goes on, even after death ... [Aaz]

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